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La biographie de Jacques Lob

Né en 1932, Jacques Lob ambitionne d’abord de devenir illustrateur et débute au début des années 60 comme dessinateur humoristique dans la presse satirique de l’époque dont le célèbre Hara Kiri, où il rencontre certains de ses futurs complices (Reiser, Gébé, Fred…) de la bande dessinée. Sur les conseils de Charlier et Goscinny rencontrés à Pilote, il s’oriente vers le scénario et devient vite, d’abord sur des formats courts, l’un des contributeurs réguliers du magazine, en équipe avec des dessinateurs aussi variés que Mandryka, Giraud, Lacroix, Mézières ou Alexis. C’est aussi de cette époque que date sa longue collaboration avec le dessinateur Georges Pichard, autour de récits de plus longue haleine comme Ténébrax, Submerman, Ulysse ou Blanche Épiphanie. À l’orée des années 70, Jacques Lob manifeste un intérêt croissant pour l’anticipation et la science-fiction, qui se matérialise notamment avec sa chronique Dossier soucoupes volantes (trois recueils entre 1972 et 1975) mise en images par Robert Gigi et surtout le flamboyant Delirius dessiné par Philippe Druillet, album exceptionnel qui le consacre comme un scénariste majeur. Les années suivantes le verront diversifier son inspiration. Tout en continuant d’explorer la veine anticipatrice (Les Mange-bitume illustré par José Bielsa), il se remet au dessin avec L’Homme au landau (1975) dans L’Écho des savanes ou Roger Fringuant (1976) dans Métal Hurlant, et tâte de l’humour dans le tout nouveau magazine Fluide Glacial de Marcel Gotlib : ils y créent à quatre mains le personnage de Superdupont, que Gotlib abandonne dès le second épisode à un autre dessinateur bien connu de Lob, Alexis. C’est avec ce dernier que le scénariste met en place son nouveau grand projet : Le Transperceneige. Amorcée dans l’enthousiasme, cette ambitieuse histoire d’anticipation tourne court avec le décès soudain d’Alexis, en septembre 1977. Un temps délaissé, le projet du Transperceneige renaît néanmoins avec la naissance d’un nouveau mensuel de bande dessinée que publient les éditions Casterman, (À Suivre), où Lob fait paraître à partir de 1982 une version remaniée et très noire du Transperceneige, brillamment mis en images par un jeune dessinateur dont on reparlera, Jean-Marc Rochette. Auréolé d’un beau succès public et critique, c’est l’album du triomphe pour Jacques Lob, qui décroche en 1986 le Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême – unique cas de couronnement d’un scénariste dans les annales de cette récompense. Il ne se consacrera plus par la suite qu’à quelques aventures de presse (la direction de l’éphémère magazine Chic et de quelques hors-séries de L’Écho des savanes) et collaborations ponctuelles (avec Edmond Baudoin notamment), avant de disparaître fin juin 1990, unanimement salué comme le plus brillant scénariste de sa génération.

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