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Dossier rééditions : Vieux tomes de savoir

Entre deux aventures de poche se glissent maintenant des albums aux grands formats qui modifient notre vision du formatage de ce pourvoyeur de rêves.

L’industrie du livre est une déferlante constante, une éternelle cavalcade de nouveautés qui submergent libraires et lecteurs à coup de centaines de références par mois. Loin de toute nostalgie réductrice, il est parfois simplement bon de regarder légèrement en arrière et de s’attarder sur le rivage pas si lointain des séries qui ne font pas l’actualité. Contrairement à une boîte de vieux restes laissée imprudemment au frigo pendant deux ans et demi, une bonne série ne périme en effet pas. Comment attirer l’attention de lectrices et lecteurs sursollicités ? Changer de format peut s’avérer une bonne solution.


Extrait de Beck, perfect edition © 2000 Harold Sakuishi / Kodansha Ltd. Delcourt Tonkam Edition


Passé dépoussiéré 

C’est notamment ainsi que tirent leurs épingles du jeu les éditeurs patrimoniaux (Naban, Cornelius, Black Box, Isan manga, etc.) qui évacuent l’aspect jetable initial du manga bon marché pour s’orienter vers des albums qui flirtent avec le livre d’art ou de collection. Si les formats classiques du manga (tankobon, soit la taille standard, bunko, taille plus ramassée, moins fréquente en France) ont tous un sens socio-économique, la tendance des formats un peu plus démesurés, souvent regroupés en collections, a participé à intriguer petit à petit un public dubitatif, souvent un peu dédaigneux, habitué à d’autres formats de lectures souvent considérés comme plus nobles. Le manga s’est alors extrait de son carcan de lecture prémâchée en constituant un panel d’immenses classiques dans un format immédiatement reconnaissable. NonNonBâ, Cobra, Akira, Ranma ½, 20th Century Boys, Dragon Head, le choix des éditeurs est alors crucial pour maintenir cette aura de qualité qui entoure les séries en grand format. 


Extrait de Banana Fish, perfect edition © 2018 Akimi YOSHIDA / SHOGAKUKAN Panini Manga Edition


Petite crise de croissance tardive

Un éditeur peut obtenir les droits d’une série selon de nombreuses conditions. Des conditions de tirage minimum, de mise en avant, des bouquets de séries couplant gros hits et petites séries moins connues, une durée limitée ou l’autorisation d’user seulement d’un format particulier, par exemple. Réimprimer son catalogue est donc une triple nécessité : faire au mieux dans les limites des contraintes imposées par les éditeurs d’origine, rentabiliser jusqu’au bout un investissement souvent incertain et courageux, continuer à mettre en avant des séries qui ont intégré leur catalogue souvent par coup de cœur. Le changement de format, qui répond souvent, mais pas systématiquement à une création de l’éditeur source, renforce alors l’intemporalité de la série tout en s’assurant, plus prosaïquement, qu’elle soit visible sur les tables de nouveautés surchargées des librairies.

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