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La planche de la semaine : Casque d'or d'Annie Goetzinger, Glénat, 1976

La planche de la semaine : Casque d'or d'Annie Goetzinger, Glénat, 1976

Chaque vendredi, c'est une planche qui s'offre à vous ! Elle est issue de l'immense collection de la Cité de la bande dessinée et de l'image d'Angoulême qui propose jusqu'en août 2026 une exposition fascinante et sans cesse renouvelée : Trésors des Collections. Découvrez la planche #1 extraite de Casque d'or d'Annie Goetzinger publié en 1976 par les éditions Jacques Glénat.

Le mot du commissaire de l'exposition, Jean-Pierre Mercier

On se souvient de Casque d’or, beau film sorti en 1951. Le réalisateur français Jacques Becker avait fait d’un fait divers authentique une œuvre emplie de passion et de fatalité. Simone Signoret y incarnait, à la Belle époque, une prostituée à la chevelure étincelante (d’où son surnom), enjeu de la lutte entre le chef d’une bande de malfrats, et un ancien « apache » devenu menuisier.

À l’aube de sa carrière, Annie Goetzinger (1951-2017) se penche en 1976 sur la figure de Casque d’or et décide d’interroger le mythe que le film de Jacques Becker a créé. Le titre complet de l’album, Légende et réalité de Casque d’or, résume bien l’ambition de l’autrice : donner à voir ce que fut la véritable existence d’Amélie Elie, dite Casque d’or. Elle est décrite comme un personnage qui, bien que dépassé par un destin tout tracé (enfance pauvre, prostitution et déchéance) ne manque ni de mystère, ni surtout de noblesse. Bien que soigneusement documenté, le récit se présente comme une évocation où l’ellipse est utilisée avec beaucoup de finesse.

Cette planche est exemplaire du style d’Annie Goetzinger. L’élégance très « Art nouveau » du découpage ne gêne en rien la lisibilité de la page. On remarquera la correspondance entre la case centrale de la planche et le décolleté plongeant de la robe de Casque d’or dans la deuxième vignette. De même, les ornements latéraux de cette case centrale évoquent la coiffure pleine de courbes de la jeune femme. Ces éléments graphiques suggèrent la sensualité sous-jacente des échanges entre l’héroïne et son amant hospitalisé.

Annie Goetzinger s’est attachée toute sa carrière à faire vivre des héroïnes féminines éloignées des clichés de la bande dessinée traditionnelle, sans s’interdire toutefois de revisiter (par exemple avec Pierre Christin dans la série policière L’Agence Hardy), le récit de genre.

Le mot du chroniqueur de ZOO, par Frédéric Grivaud

Récompensé par le prix de la meilleure œuvre réaliste française, lors du festival d'Angoulême 1977 avec « légende et réalité de Casque d’Or », Annie Goetzinger fait sensation dès son premier album. Elle a alors 25 ans, elle entre dans le petit cercle des autrices de BD par la grande porte. Tout de suite, on remarque son sens très appuyé de l’esthétisme qui renvoie à l’Art Nouveau mêlé au froufrou des robes à balconnets. Elle se penche sur l’histoire d’Amélie Elie, plus connue dans le tout Paris noctambule sous le surnom de Casque d’Or, l’amie des « Apaches », le verbe fleuri, la gouaille facile et provocateur… 44 pages qui nous replongent dans l’Histoire du Paris de la Belle Époque.

>> La chronique complète à lire ici !

La planche de la semaine : Casque d'or d'Annie Goetzinger, Glénat, 1976

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