Plus qu’un simple documentaire, Les Survivants du Che recourt à l’animation lors de passages clés afin de faire pleinement ressentir l’enfer de la traque des compagnons du Che après son exécution.
Le 9 octobre 1967 à La Higuera, Ernesto Guevara est exécuté sommairement par l’armée bolivienne, sous la pression de la CIA. Ce que l’on sait moins aujourd’hui, c’est qu’une poignée de ses compagnons de route sont passés au travers des mailles du filet. Après avoir surmonté le choc de la mort de leur chef, ils se sont lancés dans un périple de 2 400 kilomètres pour quitter la Bolivie et espérer regagner Cuba. Cette odyssée révolutionnaire désespérée est au cœur des Survivants du Che.

Extrait du film Les Survivants du Che © Paname Distribution
La Havane, nouvelle Ithaque
Christophe Dimitri Réveille avait ce documentaire en gestation depuis plus de vingt ans. Tout est parti d’une révélation : Benigno, un des survivants, vivait à Paris, où il avait obtenu le statut de réfugié politique, après avoir été condamné à mort par Fidel Castro. De cette rencontre, le cinéaste en a d’abord tiré un livre. Parallèlement, il n’a eu de cesse d’approfondir ses recherches en rencontrant d’autres survivants, mais aussi le général bolivien et l’agent de la CIA chargé de la capture du Che. Avec une rigueur à la fois historique et journalistique, Christophe Dimitri Réveille a reconstitué cette odyssée de cinq interminables mois, au cours de laquelle des hommes entraînés au combat ont réussi à s’exfiltrer grâce à l’expérience, la science du terrain et beaucoup de chance.
Mais Les Survivants du Che se distingue surtout par son recours à l’animation, véritable prolongement de sa démarche profondément humaniste. Parce que la mémoire est fragile et la parole incomplète, les souvenirs deviennent grâce aux séquences animées des parenthèses impressionnistes mettant en lumière ces hommes de l’ombre face aux limites de leur résistance physique ou à l’absurdité de certaines situations. Surtout, le film s’attache avec une rare justesse à montrer l’humanité profonde d’hommes fidèles jusqu’au bout à leurs idéaux de justice pour un monde meilleur. À l’image de cette magnifique citation qui conclut ce beau film : « Le faible a toujours raison de se battre contre le fort, même si le combat est inégal ou a priori perdu d’avance, parce que l’impensable est toujours possible. »

Affiche du film Les Survivants du Che, au cinéma le 9 septembre, distribué par Paname Distribution
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