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La Ville qui tuait les femmes

Quête d’identité au milieu d’un cimetière

La couverture, marquante, est tirée d’une scène au milieu du livre. Pourquoi l’avoir choisie ?

Corentin Rouge : J’ai bien aimé dans cette scène la mise en avant d’une quête d’identité au milieu d’un cimetière, à travers le miroir de la mort. C’est une scène où le personnage a un flash de la personne qu’il recherche. Et j’avais trouvé pas mal de documents sur les fêtes dans les cimetières au Mexique, très graphiques et très colorées.

Nathalie Sergeef : Cette fête, c’est la fête de la mort, très ancrée dans les cultures mexicaines. Même si le prix d’une vie n’est pas considéré de la même façon qu’ici, le jour des morts est très important dans le calendrier mexicain, qui mêle culture indienne et chrétienne.

Corentin Rouge : En fermant l’album, on peut voir cette scène rétrospectivement, comme si la mort, le cimetière nous guettait…

Et comment avez-vous recréé le contexte mafieux de la ville ?

Nathalie Sergeef : Moi, je pose juste les choses : Gaël, qui enquête, croise des gens. Ils sont tous plus ou moins impliqués dans une mosaïque mafieuse. On est habitués à avoir la clef des intrigues mais pas ici. Finalement, on n’a qu’un seul morceau de vérité, qui s’échappe déjà. On veut comprendre mais beaucoup de choses nous échappent. Nous voulions mettre en avant le mystère qui se dégage de cette ville où tant de gens disparaissent.


Comment avez-vous créé cette ambiance ensemble ?

Nathalie Sergeef : J’ai fait un script avec un découpage par planche et par case mais après c’est Corentin qui a story-boardé l’album. On a tout revu ensemble à chaque étape pour ajuster les détails.

Corentin Rouge : Après la création du story-board, on en a reparlé. Après j’ai fait les planches au fur et à mesure pour les montrer à Nathalie et faire des petits changements.

Nathalie Sergeef : On a beaucoup travaillé ensemble, par exemple, pour une scène, j’avais deux scénarios possible et Corentin m’a aidée à choisir. Surtout que c’est mon premier scénario écrit donc il fallait que j'apprenne à dépasser ma timidité.

Pour donner ce rythme particulier, on fait à l’instinct. On avait en tête l’idée de quelque chose de caché, une balade plus lente jusqu’à l’explosion de la violence. Il y a le film Trafic qui rend un peu la même chose. Quelque chose qui ressemblerait à l’accent mexicain, indolent mais qui peut cacher une certaine cruauté.

Et quels sont vos projets à venir ?

Corentin Rouge : Moi je développe un projet autour du Brésil, à Rio. Le premier tome est fini et le deuxième est en cours. C’est une fresque sociale contemporaine de la ville de Rio, avec tous les niveaux sociaux représentés.

Nathalie Sergeef : Je travaille sur quatre choses différentes : le premier projet a pour décor la France sous Louis XIV pendant le grand Hiver 1709, sur une idée originale de Philippe Xavier. Le deuxième projet, avec Fabio Pezzi au dessin, passera par l’Afghanistan, la Libye, le Maroc et la Tunisie, avec la problématique de la prise d’otages contemporaine. Le troisième sera un one-shot sur les Maras, ces gangs salvadoriens, entre Vénézuéla, Guatéméla et Salvador. Le dernier projet se déroula dans les années 40 à Cuba, pour une tranche de vie particulière...

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