ZOO

Jour de fête au marché

Lieu : Amiens

Un joyeux marché

Comment est né le titre, plutôt improbable ?

Marzena Sowa : Je l’ai laissé sur le scénario parce que je ne savais pas quoi mettre. Ce titre provisoire a tenu, car on a cherché longtemps sans jamais pouvoir proposer quelque chose de mieux. Il raconte vraiment ce qui prend de la place dans l’histoire.

Comment écris-tu les dialogues, pleins de vie ?

Marzena Sowa : Je commence toujours un projet par les dialogues. Ici les premiers que j’ai écrits sont entre Jean-Michel et Vincent. Et j’écris tout en français directement, car ça me donne l’impression d’être plus juste dans l’expression de ce que je ressens.


Et cette bande de gamins, comment s’est-elle composée ?

Marzena Sowa : Je me suis beaucoup inspirée de ce que j’ai vécu, inconsciemment.

Aude Soleilhac : Ce qui est étrange, c’est que j’ai très peu de souvenirs d’enfance. Heureusement, je suis tombée au début du projet sur un film québécois : 1981. C’est une bande d’enfants qui vit plein de mini-histoires et il a fait écho en moi, au niveau mode, coiffure. Il m’a permis de me replonger dans les années 80 !

Quant aux personnages, ils surgissaient directement devant moi, j’avais qu’à les dessiner ! Celui que j’ai eu le plus de mal à trouver, c’est Marie. Elle est secrète et très éloignée de moi donc bien plus difficile à trouver que Camille, qui est plus piquante et rentre dedans. Vincent et son épi indomptable, il est aussi venu assez vite.

On n’a pas voulu d’habits trop typés 80’s, car l’historie se situe dans la campagne et pas au cœur d’une ville branchée. Mais on a laissé des indices liés aux années 80 : le walkman, les billets de banque, les jouets, la raie au milieu. D’ailleurs, des lecteurs croyaient que ça se déroulait dans les années 60 ou 70, car si on ne fait pas attention aux indices, on se retrouve juste face à une histoire d’enfance universelle !

De quoi t’es tu inspirée graphiquement pour créer ce marché joyeux ?

Aude Soleilhac : J’ai traîné sur des marchés et j’ai dû expliquer pourquoi je prenais des photos. Les maraîchers étaient inquiets, ils se demandaient peut-être si je faisais de l’espionnage « maréch-agricole » ! [Rires] Une fois expliqué que je faisais un livre, ça allait mieux.

Pour mon trait, ça fait quelques années que j’assume d’avoir un trait rond, très jeunesse. J’aime bien dessiner cette communauté de gamins qui se retrouve ! Jusque là, j’avais fait que des adaptations de roman. Quand j’ai lu le scénario de cette première création originale qu’on me propose, j’ai vu un film se dérouler ! J’avais juste à dessiner ce que je voyais.

J’ai fait le découpage pour mettre en images le film de Marzena et donner une pagination à toute l’histoire. Ce qui était rigolo, c’est qu’on nous reprochait qu’il manque de l’aventure de l’enquête à cette histoire, que ce soit une seule journée. Alors que c’est ce qui m’a plu dans ce récit !


Marzena Sowa : L’intrigue est centrée sur les sentiments, c’est pour cela que l’épilogue raconte le premier amour du héros. Quand je fais des rencontres scolaires et que je parle d’amour, tous les enfants rigolent ou sont gênés car tout le monde connait ça… Et je leur dit, qu’à n’importe quel âge on apprend à gérer l’amour : c’est l’éternel recommencement.

Vous avez d’autres projets ensemble ?

Aude Soleilhac : On a une idée et Marzena a deux semaines pour l’écrire avant qu’on se revoit. On partira peut-être sur l’adolescence, pas du tout dans le même univers.

Pour aller plus loin

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