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Un été Diabolik et éblouissant

De la couleur locale à la moulinette graphique

Le début de l’ouvrage commence comme un roman, avec un titre et une page de garde typique…

Thierry s’est inspiré de romans policiers dont ceux de John le Carré, un des maîtres du roman policer anglais, ou encore des éditions de Minuit... Le livre s’ouvre sur un début de faux roman pour permettre au lecteur de rentrer différemment dans la bande dessinée. On retrouve encore le côté romanesque avec la voix du narrateur qui nous permet de comprendre ce qu’il se passe dans la tête du personnage, ce qu’on ne retrouve pas souvent en bande dessinée.

L'Eté diabolik

Comment amener une bande dessinée aussi « vintage » à un public contemporain ?

On ne voulait pas faire de post-moderne avec un faux album d’une époque. Même s’il y a des touches de nostalgie, on voulait d’emblée quelque chose de très « 2016 ». Et de nos jours, il y a aussi un retour aux années 60 dans la déco, ça redevient actuel !

Cette bande dessinée est un roman graphique, ce qui ne se faisait pas du tout à l’époque. Pour les dessins, je n’utilise pas les techniques des années 60 comme la peinture et la plume mais je travaille par ordinateur. En mélangeant les références, par exemple en colorisant Diabolik avec les couleurs pop de David Hokney [figure emblématique du mouvement du Pop Art N.D.L.R.], on lui donne une nouvelle jeunesse !

Pour une scène, j’ai aussi cherché les vraies images de l’assassinat de Kennedy que j’ai stylisé à la Guy Peellaert. Dans L'été Diabolik, le père d’Antoine utilise un peu le même procédé d’inspiration puisqu’il s’inspire des produits culturels de son époque, avec les magazines de mode, pour composer son attitude.

L'Eté diabolik

Surprenant de mettre en scène un récit noir avec une telle ambiance estivale…

On était parti pour dessiner la côte basque mais finalement le lieu n’a pas été nommé et on lui a donné pleins d’ambiances différentes, la Côte d’Azur, Biarritz, la Normandie... C’est un peu la côte française idéale : il fallait que tout le monde puisse y retrouver une atmosphère de vacances. Tout le livre on est baladé dans cette ambiance évanescente, adolescente... la chute n’en est que plus sombre !

Vous accordez une grande importance à la couleur, il semble que vos gammes fétiches aient évolué avec cet album…

Au début de mes livres, je créé une gamme de couleurs, je m'inspire par exemple de celles que je découvre dans les magazines de mode de l'époque. Je travaille sur Illustrator et je m’entoure des images qui me permettent de me faire des pastilles colorées. Elles sont très précises, l’orange par exemple est un orange typique de l’époque : un orange avec un peu de rose.

L'Eté diabolik

Il y a aussi des associations de couleurs très caractéristiques, un rose à côté d’un orange, quelque chose qu’on peut retrouver en Inde et qu’on a beaucoup utilisé dans les années 60. Dans cet ouvrage, le bleu domine : j’y ai pensé tout de suite parce que le bleu Klein est une teinte inventée dans les années 60. On repartira sur d’autres gammes dans le prochain livre...

Tout cela a fait exploser ma gamme de couleurs habituelles, avant je n’aurai pas utilisé le rose ou le violet ! C’est une couleur que je déteste et pourtant je me suis retrouvé à l’aimer parce que j’ai réussi à le combiner avec d’autres couleurs.


D’ autres projets en duo pour la suite ?

Pour notre prochain projet, on va traiter des jeux vidéo, des jeux de rôle, de l’heroic fantasy... C’est à priori très éloigné de tout ce qu’on a déjà fait ! Encore une fois, on n’utilisera pas cet univers de façon brute mais pour le mettre dans un autre contexte, en mixant les jeux vidéo avec la mode déjantée des années 80, ou transposer le côté sauvé par le gong en version heroic fantasy !

L'Eté diabolik

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