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Pline l’Ancien rajeuni en manga

Lieu : Festival d'Angoulême

Le manga pour transmettre

Mari Yamazaki, vous avez étudié les Beaux Arts à Florence, participé à la BD Les Rêveurs du Louvre... Le manga permet-il de démocratiser la culture classique, réputée moins accessible ?

Mari Yamazaki : Le manga est un outil merveilleux pour amener les lecteurs à s'intéresser à des thèmes auxquels ils n’auraient pas prêté attention. Par exemple, j'adore les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar. Mais si je disais aux gens de le lire, personne ne le ferait. En passant par le manga, ça peut être plus simple. Ainsi je fais beaucoup apparaître ce personnage de l'empereur Hadrien, qui me fascine, dans Thermae Romae, avec l'espoir d'amener les gens à mieux le connaître.

Nous écrivons également une série sur les peintres de la Renaissance, publiée actuellement au Japon, pour amener les lecteurs japonais à s’intéresser à cette période. J'ai l'impression que beaucoup ont peur que le sujet soit trop complexe pour eux, trop aristocratique... Pour moi qui les ai étudiés, les peintres de la Renaissance, dans leur relation avec leurs disciples mais aussi à bien d'autres niveaux, ressemblent énormément aux mangakas japonais d’aujourd’hui.

La comparaison entre culture japonaise et européenne est d'ailleurs un thème récurrent dans vos mangas...

Mari Yamazaki : Il n'y a pas de meilleure manière pour observer objectivement quelque chose que de prendre du recul. Ce que j'essaie de transmettre à travers mes mangas, quels qu'ils soient, c'est qu'en mettant sa propre culture en perspective, on peut mieux la comprendre.


Gengoroh Tagame fait aussi cette comparaison entre culture japonaise et occidentale dans Le mari de mon frère. La démarche vous parait similaire ?

Mari Yamazaki : Nous sommes tous deux de très grands fans du Mari de mon frère et du travail de Gengoroh Tagame en général, nous le connaissons d'ailleurs personnellement. Il a utilisé de la manière la plus intelligente qui soit le manga, pour amener les gens à se poser des questions qu'ils ne se seraient jamais posé autrement. J'ai l'impression de me retrouver dans sa démarche, il utilise le manga comme un outil pour amener les gens sur de nouveaux terrains.

Combien de tomes sont prévus pour Pline ? Une adaptation en anime est-elle envisagée comme pour Thermae Romae ?

Tori Miki : On n'a aucune idée du nombre de tomes à venir... C'est aux lecteurs de nous le dire en fait ! Dès le premier chapitre, on annonce la fin, puis on opère un saut dans le passé. Toute la question maintenant est de savoir la durée de ce cheminement jusqu'aux derniers moments de Pline...

Mari Yamazaki : Nous n'avons eu aucune proposition concernant une adaptation audiovisuelle, je pense que ce serait extrêmement compliqué. Mais un film dans le cadre d'une adaptation étrangère, et non japonaise, pourrait être intéressant !

Quels sont vos projets à tous les deux ?

Tori Miki : Pline étant pré-publié à un rythme mensuel, c'est une cadence assez infernale. Surtout vue la nature de notre collaboration et la quantité de travail que cela représente en termes de dessin et de documentation. Nous publions également en parallèle la série Gli artigiani, sur la Renaissance. Ce sont des épisodes courts de 4 pages, mais nous sommes encore loin du nombre de pages nécessaire pour la publier en un ouvrage relié. De plus, la série est entièrement en couleur, cela prend donc énormément de temps. Je n'ai pas le loisir de penser à un autre projet !

Mari Yamazaki : Quant à moi, à relativement court terme, je voudrais reprendre et achever mon manga Giacomo Foscari, dont le premier tome est sorti en France.


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