ZOO

Stan Silas : « Revenir à Biguden, c’était retrouver de vieux amis »

Dix ans après la fin du premier cycle de Biguden, Stan Silas retrouve ses personnages dans Biguden Folklor. Plus qu’une simple suite, ce quatrième album inaugure une nouvelle tomaison, désormais composée d’histoires complètes explorant chacune une légende bretonne. L’auteur revient sur ce retour inattendu.

« Je ne pensais vraiment pas faire une suite à Biguden »

Dix ans après le troisième tome, pourquoi avez-vous eu envie de revenir dans l’univers de Biguden ?

Stan Silas : Je ne pensais vraiment pas faire une suite. À la fin du troisième tome, j’avais écrit un épilogue qui clôturait la série. On m’a souvent demandé si j’allais continuer, mais je répondais toujours que non : pour moi, l’histoire était terminée.

Entre-temps, il y a eu plusieurs projets d’adaptation en dessin animé. J’ai donc été amené à retravailler l’univers, à développer son folklore, à ajouter des antagonistes et à approfondir certaines légendes bretonnes. J’avais accumulé beaucoup de matière, mais sans forcément penser à la réutiliser dans une bande dessinée.

Biguden Folklor

Dix ans après la fin du premier cycle de Biguden, Stan Silas retrouve ses personnages dans Biguden Folklor © Paquet, 2026

Après Lozère Apocalypse, qui m’avait demandé beaucoup de temps et d’énergie, je pensais plutôt chercher un scénariste et me reposer un peu. Puis mon éditeur, Pierre Paquet, m’a appelé en me demandant : « Maintenant que tu as terminé Lozère, tu reviens sur Biguden ? » Je me suis rendu compte que j’avais déjà beaucoup d’idées et que j’étais toujours très attaché aux personnages.

Revenir à Biguden, c’était presque une forme de repos. Il y avait une facilité, entre guillemets, mais surtout beaucoup de plaisir. C’était comme retrouver de vieux amis. J’espère d’ailleurs que cela va durer, car je n’ai pas défini de nombre précis d’albums.

Comment cette nouvelle série s’inscrit-elle par rapport aux trois premiers tomes ?

S. S. : J’ai fait une petite pirouette chronologique. Biguden Folklor se déroule environ deux ans après les événements du troisième tome, mais avant l’épilogue qui concluait le premier cycle. Cela permet de conserver la fin originale tout en laissant suffisamment de temps s’écouler pour faire évoluer les personnages.

Nous avons aussi changé le titre, car la narration sera différente. Pour les trois premiers Biguden, j’avais imaginé dès le départ une histoire complète en trois tomes. Je connaissais la fin et je déroulais progressivement le récit jusqu’à cette conclusion.

Avec Biguden Folklor, chaque album racontera une histoire complète. Une légende bretonne sera mise en avant à chaque fois, avec un grand antagoniste propre au tome. Il y aura bien sûr un fil directeur et une histoire de fond qui évolueront d’un album à l’autre, mais chaque aventure pourra être lue indépendamment.

Pour moi, cette nouvelle formule représente surtout du plaisir. Je peux raconter une histoire, la terminer, puis passer à une autre légende et à un nouvel adversaire.

Biguden Folklor

Plus qu’une simple suite, ce quatrième album inaugure une nouvelle tomaison, désormais composée d’histoires complètes explorant chacune une légende bretonne © Paquet, 2026

Avant de vous lancer dans ce quatrième tome, avez-vous relu les trois premiers albums ?

S. S. : J’avais encore l’histoire en tête, mais j’ai tout de même rouvert les albums. En réalité, je ne relis jamais les bandes dessinées que j’ai dessinées. Cette fois, je les ai toutes reprises.

Je les ai d’abord relues pour écrire la nouvelle histoire, puis encore de nombreuses fois parce que les trois premiers tomes vont ressortir dans un nouveau format. Il y avait notamment quelque chose que je détestais dans mes anciens albums : ma police d’écriture. Je l’ai entièrement refaite.

Nous allons donc republier les premiers Biguden dans un format proche de celui de Lozère Apocalypse, un peu plus petit et, je trouve, davantage adapté à mon dessin. Il a fallu replacer la nouvelle police dans toutes les bulles et refaire l’ensemble des textes. J’ai donc vraiment lu, relu et encore relu ces albums.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

C’était finalement très utile, parce que j’avais oublié certains détails. Sans cette relecture, j’aurais probablement commis quelques erreurs de continuité. J’ai également retrouvé des idées que j’avais seulement esquissées à l’époque et sur lesquelles je peux maintenant rebondir.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le travail du Stan Silas d’il y a dix ans ?

S. S. : Le dessin pique un petit peu ! Il y a des erreurs graphiques et des choses que je ne ferais évidemment plus de la même manière aujourd’hui.

En revanche, j’ai été assez agréablement surpris par la narration. Je vais me lancer une petite fleur : je trouve que c’est dense et qu’il n’y a pas beaucoup de gras dans les premiers Biguden. Je vais à l’essentiel, et j’étais plutôt content de retrouver cela.

Certaines scènes ou certains personnages auraient tout de même mérité davantage de développement. Je pense notamment à la princesse Dahut, qui possède un rôle très important dans l’histoire. Elle est en réalité à l’origine de l’arrivée de Biguden en Bretagne, mais je n’avais pas suffisamment de place pour raconter son histoire dès le premier cycle.

Les albums ne faisaient que 62 pages et il fallait faire des choix. Grâce à Biguden Folklore, je peux aujourd’hui approfondir Dahut et lui donner une place beaucoup plus importante aux côtés de Biguden. Cette nouvelle tomaison me permet ainsi de développer des éléments qui existaient déjà, mais que je n’avais pas eu le temps d’explorer.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

En dix ans, votre dessin a beaucoup évolué. Qu'est-ce qui a le plus changé dans votre manière de travailler ?

S. S. : Biguden est un album un peu particulier dans mon parcours, parce que c'était ma première série entièrement réalisée en numérique. Avant cela, je dessinais sur papier, je scannais mes planches, puis je faisais la couleur sur Photoshop. Avec Biguden, je me suis lancé directement sur tablette. J'ai un peu essuyé les plâtres.

À l'époque, j'allais aussi beaucoup plus vite. Je réalisais deux albums par an. J'aime bien travailler à un rythme soutenu. Je préfère terminer un livre et passer au suivant plutôt que de rester plusieurs années sur le même projet. J'ai toujours de nouvelles idées qui arrivent.

Mais cette vitesse avait forcément des conséquences. Les décors étaient parfois moins travaillés, certains dessins moins aboutis. Aujourd'hui, j'arrive davantage à concilier les deux. Je mets un peu plus de temps sur chaque album, mais je trouve le résultat plus abouti.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Lozère Apocalypse et Parasites m'ont énormément fait progresser. Je m'étais volontairement mis en difficulté avec des personnages, des décors et des mises en scène plus complexes. Je me suis forcé à sortir de ma zone de confort.

Aujourd'hui, quand je reviens à Biguden, je retrouve un univers que je connais déjà, mais avec tout le bagage acquis entre-temps. Je ne reviens pas à la facilité : j'y reviens avec davantage d'expérience.

Et sur le plan de l'écriture, avez-vous l'impression d'avoir changé votre façon de raconter une histoire ?

S. S. : Autant le dessin, c'est quelque chose de technique. On peut analyser un trait, une composition, une couleur. La narration, pour moi, c'est beaucoup plus nébuleux. Je n'ai pas de recette.

C'est peut-être ce qui donne parfois ce côté un peu imprévisible. Mais, sur Biguden, le fait d'avoir imaginé la fin dès le départ m'a énormément aidé. Quand on connaît la ligne d'arrivée, on évite de partir dans tous les sens.

Il y a aussi une contrainte très simple : le nombre de pages. Une bande dessinée oblige à aller à l'essentiel. On ne peut pas se disperser indéfiniment.

En revanche, je ne commence jamais un album sans savoir où je vais. Quand j'attaque le dessin, mon scénario est entièrement terminé. Aujourd'hui, par exemple, le scénario du prochain Biguden Folklor est déjà écrit et découpé. Je sais exactement ce que je vais dessiner.

Le dessin, je peux le juger techniquement. Je peux voir si une planche fonctionne ou non. Un scénario, c'est beaucoup plus difficile. Chaque lecteur le reçoit différemment. C'est un domaine où je me fie davantage à mon instinct.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Vos albums donnent pourtant une impression de grande fluidité. Vous ne cherchez jamais à appliquer une méthode particulière ?

S. S. : Pas vraiment. Je fais avant tout les histoires que j'ai envie de raconter. Je ne réfléchis pas en fonction d'un public ou d'une recette. Il faut que le projet m'amuse. C'est probablement la seule règle que je m'impose.

Paradoxalement, Biguden est peut-être la série qui m'a demandé le moins d'efforts au niveau du scénario. Les personnages existent depuis longtemps. Je les connais tellement bien qu'une fois une situation imaginée, je sais presque instantanément comment chacun va réagir.

C'est devenu naturel. Je gagne énormément de temps parce que je n'ai plus besoin de réfléchir à leur psychologie : ils vivent presque tout seuls. Et avec l'arrivée de Dahut, qui est un personnage qu'on adore détester, tout devient encore plus amusant à écrire. Elle apporte beaucoup d'humour, de tension et d'imprévu. Sur les prochains albums, je m'amuse énormément.

« Avec Biguden Folklor, chaque album devient une légende à part entière »

Pourquoi avoir choisi une nouvelle formule avec Biguden Folklor plutôt que de poursuivre simplement la série d'origine ?

S. S. : Le premier cycle avait été pensé dès le départ comme une histoire en trois tomes. J'en connaissais déjà la fin lorsque j'ai commencé à dessiner le premier album. Cette fois, j'avais envie de fonctionner différemment.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Chaque album de Biguden Folklor racontera une aventure complète. À chaque fois, une grande légende bretonne sera mise à l'honneur, avec son propre antagoniste. Bien sûr, il y aura toujours un fil rouge et une histoire de fond qui progressera au fil des albums, mais chaque tome pourra se découvrir indépendamment.

Cette formule me laisse beaucoup plus de liberté. Je peux raconter une histoire complète, passer à une autre légende, explorer un nouveau personnage, sans être enfermé dans une intrigue prévue sur plusieurs années.

Cette nouvelle tomaison semble aussi donner davantage de place au folklore breton.

S. S. : Oui, clairement. C'est devenu le cœur du projet. Quand nous travaillions sur le dessin animé, j'avais déjà effectué énormément de recherches sur les légendes bretonnes. J'avais accumulé beaucoup de documentation, développé tout un univers qui n'avait finalement jamais été utilisé. Aujourd'hui, je peux enfin m'en servir.

Le premier album de Biguden Folklor met ainsi en scène le Chat Matagot. Le suivant tournera autour du Prince Rouge, une autre grande figure des légendes bretonnes, qui me permettra aussi d'approfondir le personnage de Dahut et son histoire.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

En Bretagne, il existe une quantité incroyable de récits populaires. Beaucoup racontent finalement les mêmes peurs ou les mêmes croyances, mais chacun possède sa couleur. À partir de là, j'y ajoute toujours ma propre interprétation.

À la fin de chaque album, vous ajoutez d'ailleurs une page consacrée à la légende...

S. S. : Oui. C'était important pour moi. Chaque tome se terminera par une page qui raconte la véritable légende ayant inspiré le personnage. C'est une sorte de bonus qui permet de montrer d'où vient mon inspiration et la manière dont je me suis approprié ces récits.

En réalité, j'écris souvent cette légende avant même de commencer l'album. Pour le prochain tome, par exemple, cette page est déjà terminée. Cela me permet de construire un antagoniste cohérent dès le départ. Je connais son histoire, son passé, ses motivations avant même d'écrire le scénario.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Finalement, cela me simplifie beaucoup le travail. Comme chaque créature n'occupe qu'un seul album, je risque moins de créer des incohérences qu'avec un personnage qui évoluerait pendant plusieurs cycles.

Cette nouvelle formule vous permet-elle également de développer davantage certains personnages déjà connus ?

S. S. : Oui, et c'est même l'un de ses grands intérêts. Dans les premiers Biguden, certains personnages avaient une importance énorme dans l'univers, mais je n'avais tout simplement pas assez de pages pour raconter leur histoire. Dahut en est encore une fois le meilleur exemple.

Avec Biguden Folklor, je peux revenir sur ces personnages, développer leur passé, leurs motivations, leur donner davantage d'épaisseur. La nouvelle série n'efface donc pas la précédente : elle vient au contraire l'enrichir.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Le vrai point culminant de l'histoire ne viendra d'ailleurs pas uniquement des légendes bretonnes. Les créatures sont importantes, bien sûr, mais ce sont surtout les personnages que les lecteurs connaissent déjà qui continueront à faire avancer le grand récit.

Vos albums sont souvent publiés en jeunesse, mais ils abordent aussi des thèmes très universels. Pensez-vous à un public précis lorsque vous écrivez ?

S. S. : Pas vraiment. Je fais avant tout des albums que j'ai envie de lire. C'est peut-être égoïste, mais je fonctionne comme ça. Si une histoire m'amuse, si elle me touche ou me fait rire, alors j'ai envie de la raconter.

Je ne me demande jamais si elle plaira davantage aux enfants ou aux adultes. Je pense simplement que, si moi j'ai du plaisir à la faire, il y a des chances que ce plaisir soit communicatif. Au fond, je fais des albums un peu pour moi.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Pourtant, vos bandes dessinées sont souvent lues par toute la famille...

S. S. : Oui, et c'est quelque chose qui me fait très plaisir. Je crois que chacun vient y chercher quelque chose de différent. Les enfants suivent avant tout l'aventure, les monstres, l'humour ou les situations un peu décalées. Les adultes, eux, remarquent davantage les références, les sous-textes ou certains thèmes qui traversent le récit.

Je n'ai jamais cherché à fabriquer une double lecture de manière artificielle. Elle vient naturellement parce que je raconte une histoire qui m'intéresse moi-même.

Quand j'étais enfant, je lisais déjà des bandes dessinées qui fonctionnaient sur plusieurs niveaux. En les relisant des années plus tard, je découvrais des choses qui m'avaient complètement échappé. J'aime beaucoup cette idée qu'un livre puisse accompagner un lecteur à différents moments de sa vie.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Vos héros sont presque toujours des enfants. Pourquoi ce choix revient-il aussi souvent ?

S. S. : Parce que leur regard est beaucoup plus intéressant. Les enfants acceptent naturellement l'extraordinaire. Ils ne passent pas leur temps à chercher une explication rationnelle à tout. Ils découvrent le monde en permanence.

Dans Biguden, cela permet de rendre crédibles des situations qui paraîtraient beaucoup plus étranges si elles étaient vécues par des adultes.

Et puis les enfants ont une manière très directe de réagir. Ils peuvent être courageux, cruels, drôles ou maladroits dans la même scène. Ils changent très vite d'émotion. Narrativement, c'est extrêmement riche.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Je trouve aussi qu'ils permettent d'aborder des sujets sérieux avec davantage de légèreté. Leur naïveté crée un décalage qui évite de rendre le récit trop pesant.

On retrouve pourtant des thèmes assez profonds dans vos albums : le deuil, la famille, la différence...

S. S. : Oui, mais je n'écris jamais une histoire pour parler d'un thème. Je pars toujours des personnages. Ensuite, les sujets apparaissent presque naturellement parce qu'ils découlent de leur vie.

Si je commence un album en me disant : « je vais faire une bande dessinée sur le deuil », je suis certain que cela ne fonctionnera pas. En revanche, si un personnage traverse cette épreuve, alors le thème s'impose de lui-même. C'est cette logique qui m'intéresse. Je préfère raconter une aventure humaine plutôt que construire un récit à message.

« Je n'ai pas envie que mes BD donnent des leçons »


Les créatures fantastiques et les légendes permettent-elles justement d'aborder ces sujets avec davantage de distance ?

S. S. : Oui, complètement. Le fantastique offre une liberté incroyable. On peut parler de choses très sérieuses sans être enfermé dans le réalisme.

Une créature ou une légende deviennent souvent une métaphore. Elles permettent de raconter les peurs, les traumatismes ou les difficultés des personnages autrement.

Le lecteur accepte beaucoup plus facilement certaines situations parce qu'elles passent par le merveilleux. C'est quelque chose que j'aime énormément dans les contes et les légendes. Derrière les monstres, il est souvent question de sujets très humains.

Biguden Folklor

Extrait de Biguden Folklor © Paquet, 2026

Après dix ans passés aux côtés de Biguden, qu'est-ce qui vous donne encore envie de raconter ses aventures ?

S. S. : Je crois que c'est justement parce que je ne connais pas encore toutes les histoires que j'ai envie de raconter avec elle.

La Bretagne regorge de légendes. J'en découvre encore régulièrement. Chaque nouvelle lecture me donne envie d'imaginer un personnage, une aventure ou un antagoniste.

Et puis il y a les personnages eux-mêmes. Ils continuent à évoluer. Je les connais bien, mais ils arrivent encore à me surprendre lorsque j'écris. C'est sans doute le meilleur signe. Tant que je prends du plaisir à les retrouver, j'ai envie de continuer à les faire vivre.

Un dernier mot pour les lecteurs qui découvriront Biguden Folklor ?

S. S. : J'espère qu'ils auront simplement envie de partir à l'aventure avec nous.

Les lecteurs qui connaissent déjà Biguden retrouveront un univers qui a grandi avec eux, tandis que les nouveaux pourront entrer dans la série sans avoir l'impression d'arriver en cours de route.

Mon envie, c'est qu'ils passent un bon moment, qu'ils s'attachent aux personnages et qu'ils aient ensuite envie de découvrir les véritables légendes bretonnes qui ont inspiré ces histoires. Si le livre leur donne cette curiosité-là, alors j'aurai réussi ce que j'avais envie de faire.

Couverture de Biguden Folklor, par Stan Silas

Couverture de Biguden Folklor - Matagot, par Stan Silas

Article publié dans ZOO Le Mag N°111 Septembre-Octobre 2026


BD

Interview

Paquet

Folklore

ZOO111

EnCouverture

Haut de page

Commentez

1200 caractères restants