Avec cinquante ans de carrière et une centaine de parutions, Nicole Claveloux méritait bien une exposition et un catalogue à l’image de son univers foisonnant. Dans Les chemins de l’étrange, sont réunis des travaux pour Ah ! Nana, Métal Hurlant, l’édition jeunesse, mais aussi des inédits !
Comment Les chemins de l’étrange a-t-il vu le jour ?
Nicole Claveloux : C’est le catalogue d’une de mes expositions, présentée au Festival Gribouillis à Bordeaux en 2022. Cornélius a choisi plusieurs de mes travaux publiés, mais aussi des bizarreries qui dormaient dans mes cartons ! Ces dessins sont sortis de l’obscurité pour être parfaitement mis en page !

Avec cinquante ans de carrière et une centaine de parutions, Nicole Claveloux méritait bien une exposition et un catalogue à l’image de son univers foisonnant © Nicole Claveloux / Cornélius 2022
Des inédits se trouvent dans Les chemins de l’étrange. Pouvez-vous nous en parler ?
N. C. : 1978, c’est loin ! À cette époque, j’avais des envies de tableaux plus ou moins « surréalistes », sur des thèmes comme la métamorphose ou la traversée des murs. À ce moment-là, je travaillais principalement pour Okapi et pour Le Sourire qui mord, et je ne leur avais pas montré ces recherches…
Dans cet artbook, plusieurs thèmes reviennent, notamment les œufs !
N. C. : J’ai toujours aimé les œufs, au propre et au figuré (peut-être parce que je suis du signe du Cancer). Je ne suis pas trop attirée par les formes géométriques, je leur préfère des formes « organiques » ou végétales… Je n’ai pas un imaginaire à angles droits !

Dans Les chemins de l’étrange, sont réunis des travaux pour Ah ! Nana, Métal Hurlant, l’édition jeunesse, mais aussi des inédits ! © Nicole Claveloux / Cornélius 2022
On retrouve plusieurs de vos personnages jeunesse iconiques, un poil irrévérencieux…
N. C. : J’ai souvent utilisé des duos opposés : un personnage critique, voire grincheux, discutant avec un gros naïf bienveillant, à la limite du benêt ! Maintenant, je pense que ces zozos illustrent deux aspects de ma personne : un côté gentil-bébête, craintif, areu-areu et un côté plus adulte, réaliste, cru, voire méchant, qui aime bien tourner en dérision les croyances de l’autre.
Quel matériel utilisez-vous pour dessiner ?
N. C. : Je garde les bons vieux outils préhistoriques : des poils de bestiaux fixés à un manche en bois, appelé « pin-ceau », et une bouteille d’encre de chine. Mais il y a plus pratique : des « stylos » japonais de toutes les tailles, et du papier à dessin qui change avec les déménagements. Je me fournis au Brico voisin ou je commande chez Sennelier, ça dépend de ma flemme…

Extrait de Les Chemins de l'étrange © Nicole Claveloux / Cornélius 2022
Quels sont vos projets artistiques du moment ?
N. C. : Je viens juste de finir la dernière case d’une BD, mais c’est ma dernière… C’est trop de travail ! Je garde des rêves de peinture et des envies d’aquarelle (dès que la maudite BD à paraître sera revue et retouchée si besoin !).
Article publié dans ZOO Le Mag N°111 Septembre-Octobre 2026
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