ZOO

Johnson m'a tuer - Journal de bord d'une usine en lutte (Mai 2014)

couverture de l'album Johnson m'a tuer - Journal de bord d'une usine en lutte

Éditeur : Futuropolis

Scénario : Louis TheillierDessin : Louis Theillier

Genres : Documentaire BD

Public : À partir de 16 ans

Prix : 18.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 2.5

Scénario

3.0

Dessin

2.0

Un salarié d'une grande multinationale nous raconte de l'intérieur la fermeture de son usine et la mise sur le carreau de centaines d'hommes. Un album à valeur documentaire à la fois glaçant et édifiant.

En début d'année 2011, les salariés de Johnson Matthey apprennent la fermeture prochaine de leur usine de Bruxelles. Raison officielle : le manque de rentabilité. Raison officieuse : la délocalisation pour augmenter encore les profits de cette multinationale pourtant en pleine santé.

La réaction des employés, abasourdis et furieux, ne se fait pas attendre. Assemblées, grève, blocage, tentatives de négociations... Les salariés ne comptent pas abandonner sans lutter. C'est ce combat, qui dure plusieurs mois, que dessine Louis Theillier, l'un de ces travailleurs malheureux. Pendant tout le conflit, il observe de l'intérieur et retranscrit chaque jour l'évolution d'une situation quasiment perdue d'avance. Puis distribue ses pages aux collègues, aux médias et les diffuse également sur un blog pour alerter l'opinion.


La démarche est intéressante et permet de vivre ce conflit de l'intérieur, en temps réel, aux côtés de ceux qui luttent. Ce BD-reportage, en plus de dénoncer, aide ainsi à appréhender les enjeux et conséquences d'une fermeture d'usine pour des centaines de travailleurs et leurs proches.

Le sujet est grave, l'écriture dense. Trop peut-être. C'est vrai, il y a de quoi dire sur le sujet ! Mais l'abondance de texte rend la lecture parfois un peu indigeste et laborieuse. Le bât blesse également au niveau du trait, ni très fin ni très abouti. Mais il s'agit ici de considérations formelles, pour un album dont le propos se situe essentiellement dans le fond.

Alors oui le dessin paraît bâclé, parce que réalisé, au bic, dans l'urgence. Mais ce qu'on en retient c'est avant tout le témoignage, et le bel hommage rendu par Louis Theillier à ses collègues et plus globalement à toutes les victimes des dérives de l'ultralibéralisme.

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