ZOO

Pinocchio (Juillet 2012)

couverture de l'album Pinocchio

Éditeur : Les Requins Marteaux

Scénario : WinshlussDessin : Winshluss

Genres : Aventure

Public : À partir de 12 ans

Prix : 22.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Quand Winshluss sort sa version trash et déjantée de Pinocchio en 2008, il est sûrement loin de se douter que cette bande dessinée va devenir un des fleurons de l'édition alternative française. Ce titre, dont nous avons décidé de vous parler pour souffler les trente bougies des Requins Marteaux, a largement contribué à fonder leur ADN.

Dans ce Pinocchio-là, les méchants sont ultra-méchants, les décors gores et l'île paradisiaque un cauchemar, temple du vice et de la malveillance. Ce Pinocchio-là, c'est celui enfanté par le génial Winshluss en 2008. Les Requins Marteaux, défricheurs du neuvième art alternatif dans la veine de l'Association ou autre Cornélius, la déconne et le trash décapant en plus, ont vu juste en relevant le pari audacieux de laisser Winshluss faire ce qu'il réussit le mieux : raconter sans filtre ce qu'il a dans la tête.


Pinocchio est obligé d'effectuer les corvées du logis

Pinocchio est obligé d'effectuer les corvées du logis
© Les Requins Marteaux, éditions 2021

Ici, Gepetto est un sombre père : après avoir mis au point sa créature de fer, il l'oblige à effectuer les corvées du logis. Sa femme ne vaut pas mieux : cette vieille rombière vicelarde n'hésite pas à utiliser le diable de nez de son fils pour assouvir ses désirs sexuels...jusqu'à mourir brûlée par l'électricité. Car entre temps, Jiminy le Cafard a perdu son logement, s'est fait plaquer par sa copine et s'est introduit dans le logement de Gepetto. En trafiquant l'électricité pour avoir le câble gratuitement, il court-circuite Pinocchio... Drôle d'ange gardien !

Winshluss, alias Vincent Paronnaud de sa véritable identité, avait commencé cette histoire dans le magazine Ferraille. Elle a mijoté quelques années dans son esprit, avant de s'étaler dans ce remarquable roman graphique de plus de deux cents pages. Le récit est si fort que l'auteur fait abstraction des dialogues durant presque toute l'oeuvre, à de petites exceptions près. C'est raconté avec vigueur, dessiné avec fougue dans la noirceur, puissant dans la déchéance.

Les couleurs de Cizo agrémentent on ne peut mieux le dessin plein de détails, à la fois très fouillé et d'une grande clarté. Il est clair que les amoureux de Disney et les âmes sensibles en tout genre doivent se méfier : ce Pinocchio-là raconte le mal, le dérapage, l'âme humaine dans ce qu'elle a de pire. Vous ne direz pas que vous n'aviez pas été prévenus.

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