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Bugaled Breizh, 37 secondes (Octobre 2016)

couverture de l'album Bugaled Breizh, 37 secondes

Éditeur : Locus Solus

Scénario : Pascal BressonDessin : Erwan Le Saëc

Genres : Documentaire BD

Public : À partir de 12 ans

Prix : 20.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Le Bugaled Breizh, chalutier breton, a sombré en 2014 dans la Manche, au large de l’Angleterre. Les yeux de cinq hommes se sont fermés pour la dernière fois. Ceux de leurs proches pleurent toujours. A travers l’histoire d’un journaliste local avide de vérité et un graphisme aussi rugueux que le granit breton, cette BD redonne espoir.

Jeudi 15 janvier 2004, 12 h 24. Le chalutier finistérien de Loctudy, le Bugaled Breizh (« les enfants de la Bretagne ») coule en 37 secondes dans la Manche, au sud des côtes de Cornouailles anglaises. Cinq pêcheurs perdent la vie. Emportés par le destin, ou plus vraisemblablement par un sous-marin. Les thèses les plus folles circulent. La vérité est cachée aux familles. Mais l’armateur Michel Douce et le journaliste local Arthus Bossenec, gueule cassée du pays bigouden, se battent sans relâche.

Au-delà d’une petite histoire qui raconte la réalité de ce tragique naufrage dans lequel l’Etat français n’a jamais pris ses responsabilités, ce vibrant roman graphique a un mérite aussi immense que la mer : il rend hommage aux familles. Après avoir épuisé toutes les voies de recours juridique dans l’Hexagone, un procès est prévu en Grande-Bretagne en 2017.

La patte d’Erwan Le Saëc est de circonstance pour aborder avec humilité ce sujet délicat où le mensonge d'Etat bafoue la dignité des victimes et de leurs familles au deuil impossible. Ses personnages taillés à la hache, sa façon très réaliste et émotionnelle de dessiner les gens de mer et cette eau salée avec laquelle ils entretiennent un rapport complexe sont criants d’authenticité.

La narration et le récit plein de (malheureux) rebondissements, couplé à un dessin adapté, apportent une qualité indéniable. Au-delà, sa fonction dénonciatrice en fait un des meilleurs témoignages que compte la BD. Et regonfle un peu un espoir qui s’amenuisait. Celui de connaître, un jour enfin, la vérité.

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