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Dracula (Octobre 2019)

couverture de l'album Dracula

Éditeur : Glénat BD

Scénario : Georges BessDessin : Georges Bess

Genres : Fantastique

Public : À partir de 16 ans

Prix : 25.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Georges Bess s’empare du roman ultra-classique de la littérature fantastique pour signer à son tour, après plus d’une quarantaine d’années de carrière d’une rare diversité, son grand-œuvre.

Le roman de Bram Stoker aura connu des fortunes diverses, notamment au cinéma, de Nosferatu, le vampire de Murnau au Dracula de Coppola en passant par le parodique Bal des vampires de Polanski. Sans oublier bien sûr toute la série de films que Terence Fisher réalisa pour la Hammer où Christopher Lee prêta ses traits à l’immortel comte. La bande dessinée n’a pas été en reste, jouant davantage sur le registre de la libre interprétation et des histoires sans autre rapport avec l’œuvre originale sinon le personnage de Dracula et le thème du vampirisme.

Rappelons brièvement l’intrigue. Jonathan Harker est missionné pour se rendre en Transylvanie pour y rencontrer le comte Vlad Tepes, alias Dracula, qui envisage d’acquérir une propriété à Londres pour s’y s’installer durablement. Très vite, il va se rendre compte de l’étrange personnalité de son hôte dont il devient le prisonnier. Dracula quitte son château des Carpates pour l’Angleterre où il va jeter son dévolu sur une amie de Mina, la fiancée de Jonathan.

De la haute orfèvrerie

Pour se lancer dans un marathon créatif d’une telle exigence graphique, Georges Bess devait être sacrément motivé (voire possédé !) par son sujet. Au vu du résultat, nul doute n’est permis. Subdivisé en seize chapitres, réalisé en doubles-pages avec parfois un décor très élaboré sur lequel il plaque une série de vignettes de tailles diverses, son récit est mené tambour battant dans un noir et blanc réhaussé parfois de fonds de couleur sépia ou gris. Il n’y lésine sur aucun détail pour installer les ambiances des différentes scènes.

Chaque personnage, jusqu’au moindre figurant, trouve la juste expression avec ce trait quasi-moebiusien du plus bel effet. Au casting, on retrouve notamment Brian Keith des Stones dans le rôle de Renfield. Et dans le dernier chapitre narrant la traque échevelée de Dracula dans les Carpates, Bess passe carrément au mode « western » avec une mise en scène et un dessin qui n’ont rien à envier au Blueberry de Giraud.

Le roman de Stoker vient récemment de faire son entrée dans la Pléiade. Si la même collection devait exister pour le 9e Art, sûr que cet album y trouverait une place de premier choix.

Article publié dans le magazine Zoo n°74 (Novembre-Décembre)

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