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Stop Work - Les joies de l'entreprise moderne (Mai 2020)

couverture de l'album Stop Work  - Les joies de l'entreprise moderne

Éditeur : Dargaud

Scénario : Morgan Navarro, Jacky SchwartzmannDessin : Morgan Navarro

Genres : Humour

Prix : 18.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

4.0

Dessin

4.5

Cette subtile BD dénonce le monde du travail et ses aberrations quotidiennes dans une illustration réjouissante des bullshit jobs (littéralement « les métiers à la con ») théorisés par l’anthropologue David Graeber.

Il y a plusieurs niveaux de lecture pour Stop Work. L’histoire est d’abord amusante. Elle plaira forcément à tous ces cadres quarantenaires (ou pas) qui s’interrogent sur le sens de leur travail. En fait, nous sommes tous un peu des « Fabrice Couturier », du nom du héros, un peu fayot lorgnant le bureau de son manager vacant depuis un certain temps. Le poste lui échappant, il prend soudain conscience des non-sens de l’entreprise avec cet horrible franglais et son EHS (Environnement, Hygiène, Sécurité) complètement déconnecté.

Vient ensuite le deuxième niveau de lecture, où l’auteur Jacky Schwartzmann se moque des bullshit jobs, ces postes dans l’entreprise qui ne servent à rien. Ludivine recense les « presqu’accidents » (ceux qui auraient pu se produire) puis monte des formations bidon (comment descendre les escaliers). Les salariés de l’entreprise Rondelle S.A acceptent ces aberrations sans broncher. Seuls Fabrice (du coup menacé d’un licenciement), un syndicaliste CGT et deux employés du nettoyage (ceux que personne ne voit) expriment leur perplexité. Fabrice détournera alors ces règles par l’absurde...

Stop Work évoque en fait le difficile sujet du mal-être au travail. Les traits arrondis et doux, les personnages dynamiques du dessinateur Morgan Navarro contribuent néanmoins à rendre cette histoire attachante. Elle mérite qu’on s’interroge sur les métiers et leur utilité réelle. Au-delà du travail, la BD reste ainsi fondamentalement liée à la politique. L’auteur se moque ainsi de la novlangue en cours chez Rondelle S.A, finalement très « start-up nation »... Un rebondissement dû à une « sextape » impliquant une dirigeante vient d’ailleurs tout bouleverser... Subtil ce scénario, décidément très subtil.

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