ZOO

Ama, Le souffle des femmes (Mai 2020)

couverture de l'album Ama, Le souffle des femmes

Éditeur : Sarbacane

Scénario : Cécile Becq, Franck Manguin

Genres : Roman Graphique

Prix : 21.50€

ma collection
ma wishlist

La critique ZOO

Note ZOO 3.5

Scénario

3.5

Dessin

3.5

À la fois initiation aux traditions des femmes pêcheuses japonaises et nostalgie d’un monde passé, Ama, le souffle des femmes révèle une histoire de famille soutenue par des illustrations aux traits élégants.

Dans les années 60, Nagisa, une jeune tokyoïte, débarque sur Hegura, petite île de la mer du Japon, connue pour ses « Ama », ces femmes qui plongent nues dans les profondeurs, pour ramener de précieux ormeaux. Franck Manguin et Cécile Beck nous font découvrir un Japon aux traditions méconnues, celui « des travailleurs de la mer » ou plutôt « des travailleuses » car à Hegura, ce sont les femmes qui font vivre le foyer, travaillent dur et ont un statut à part.


En fait, Nagisa revient sur les traces de sa famille. Elle s’installe chez sa tante, Isoé, pour s’initier au métier et aux traditions des Ama, là précisément d’où sa mère, 20 ans plus tôt, avait fui quittant le petit îlot et ses conditions difficiles. Cette BD raconte donc une plongée vers le passé. L’utilisation de trois coloris uniquement (le bleu, le noir et l’écru) comme les dessins poétiques confèrent à l’ouvrage cette nostalgie qui perce lorsque les histoires de famille se révèlent.

Original par son décor, l’île méconnue de Hegura, le scénario repose aussi sur l’opposition citadins/pêcheurs. Avec les Ama, se retrouvent toutes les caractéristiques des personnages des romans marins : ces gueulards rustres et parfois durs mais qui finalement ont bon cœur. Alors forcément, on s’attache à ces femmes qui se comportent comme « des vieilles louves de mer », avec leurs histoires, leurs souffrances et leurs blagues souvent salaces… L’histoire qui se concentre sur l’initiation, assez classique, de Nagisa met finalement peu en avant la force de ces femmes qui, au mépris du danger, plongent en apnée. C’est un peu dommage, car vraiment, elles ont du souffle !

Après cette BD, le lecteur n’aura sans doute qu’une envie : en savoir plus sur Hegura et les Ama…

Haut de page

Commentez et critiquez

1200 caractères restants