ZOO

Inhumain (Octobre 2020)

couverture de l'album Inhumain

Éditeur : Dupuis

Scénario : Denis Bajram, Thibaud De Rochebrune, Geneviève Mangin

Collection : Aire Libre

Genres : Science-Fiction

Prix : 24.95€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

4.0

Dessin

4.0

Ne sait-on jamais dit que l’humanité se porterait mieux si elle se pensait davantage comme une communauté que comme une multitude d’individualités ? L’album SF de Valérie Mangin, Denis Bajram et Thibaud de Rochebrune interroge la nature humaine en nous propulsant sur une planète hostile, peuplée de cannibales esclaves du mystérieux Grand Tout.

Comme tout bon récit de SF, Inhumain commence par le crash d’un vaisseau sur une planète inconnue. Mais l’équipage du Pisano n’est pas victime d’un accident de vol. Bien au contraire. Irrésistiblement attirés par la planète, les voyageurs s’écrasent volontairement dans l’océan. Reprenant leurs esprits, ils tentent d’échapper à la noyade avec l’aide de mystérieuses pieuvres extraterrestres. De retour à la surface, ils ont la surprise d’être accueillis par d’autres êtres humains. Le soulagement des naufragés est de courte durée : le Peuple de l’eau est cannibale.

S’il n’y avait que ça… Leur drôle de comportement et leur dévouement total au Grand Tout créent un sentiment de malaise, décuplé par la petitesse de l’île perdue dans l’océan. Pourquoi le Peuple de l’eau a-t-il le besoin impérieux de se rendre « utile » au Grand Tout ? Mais surtout, qui est ce Grand Tout et peut-on résister à sa volonté implacable ?


L'équipage d'une navette se crashe sur une drôle d'île

L'équipage de la navette est sauvé par de drôles de pieuvres
© Dupuis, éditions 2021

Le scénario très fluide de Mangin et Bajram est construit comme une plongée au cœur de l’île et aboutit à la découverte de l’identité du Grand Tout. L’antipathie des protagonistes sert le propos : toute l’attention du lecteur se concentre sur la quête de sens. Le robot de l’équipage, véritable personnage principal, souligne les faiblesses des membres de la mission d’exploration, qui ne sont, finalement, que de simples humains.

Le sentiment de suffocation permanent est accentué par le dessin de De Rochebrune, coincé dans des cases verticales entre de larges marges. Et les puissants rouge, noir et vert noient les personnages dans un environnement menaçant.

Les couleurs de De Rochebrune participent à l'ambiance suffocante

Les couleurs de De Rochebrune participent à l'ambiance suffocante
© Dupuis, éditions 2021

Plus que la survie d’un équipage échoué au milieu de cannibales, Inhumain propose une réflexion profonde sur l’individualité et la liberté qui s’accompagnent d’une nécessaire souffrance. Ne serions-nous pas plus heureux débarrassés de questionnements incessants, persuadés de notre utilité pour quelque chose de plus grand ? L’album se referme sur une conclusion ambivalente, car après tout il n’y a que l’humain qui puisse être inhumain.

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