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Rhapsodie en bleu (Octobre 2020)

couverture de l'album Rhapsodie en bleu

Éditeur : Futuropolis

Scénario : Andrea Serio

Collection : Albums

Genres : Roman Graphique

Prix : 21.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Le 18 septembre 1938, à Trieste, Benito Mussolini proclame les Leggi razziali, les lois raciales fascistes contre les juifs… Andrea et sa sœur Cati sont envoyés, par leurs parents, chez une tante à New York! Mais cette vie, loin des siens, de l’action, ne plait pas au jeune homme qui décide de s'engager dans l’armée américaine, en 1944…

Si Andrea Serio décide d’adapter très librement le roman « Ci Sarebbe bastado » de Silvia Cuttin, sorti en 2011, c’est avant tout pour évoquer le thème de la mémoire, en revenant sur les années insouciantes qui ont précédé la guerre. Ces jeunes italiens juifs qui rêvaient à leur avenir, aux examens à passer, dans la douceur de la Médéa, découvraient soudainement le discours de Mussolini qui leur fermait définitivement toutes les portes ! Ne s’offraient alors à eux que deux options, les camps ou la fuite…
Nous suivons ainsi, le jeune Andrea Goldstein qui se résigne au départ en partant aux États-Unis avec sa sœur, découvrant ainsi un rythme de vie décalé, loin de ce que leur pays peut vivre profondément. Progressivement, le jeune homme sert les poings, il s’engage dans l’armée US et revient en Europe pour se battre…


Un univers bleuté et absorbant vous attend dans Rhapsodie en Bleu


Toutefois, au-delà même de l'Histoire, c'est une véritable découverte graphique qui s'étale devant nos yeux. Nous plongeons littéralement dans les ambiances contemplatives d'Andrea Serio, équilibrées par une fascinante gestion de l'espace, des matières, des silences !
Il ne tente pas de décrire précisément les évènements, ni même de suivre parfaitement la chronologie. Il passe d'une période à l'autre. On s'attarde sur des plans fixes, des cadrages serrés sur des détails de décors en devinant presque la musique de Gershwin, du même nom que l’album, qui nous enveloppe lentement !

Et même si le fond du scénario reste sombre et tendu, la narration est plutôt douce et tranquille, ce qui peut parfois déstabiliser le lecteur habitué à plus de solennité ! La chasse aux juifs, la ségrégation, passent alors au second plan, nous laissant découvrir la personnalité émouvante qui se dégage de ces planches que l'on parcourt, impressionné par la beauté d'un ciel, la silhouette floue d'un personnage ou l'évocation d'un paysage urbain gigantesque !

Une inoubliable rencontre qui nous révèle un artiste qu'il va falloir surveiller de très près.

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