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#Balance Ta Bulle - 62 dessinatrices témoignent du harcèlement et de la violence sexuelle (Octobre 2020)

couverture de l'album #Balance Ta Bulle  - 62 dessinatrices témoignent du harcèlement et de la violence sexuelle

Éditeur : Massot Éditions

Scénario : Collectif, Diane Noomin

Prix : 28.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

4.0

Un ouvrage collectif très dense, où 62 dessinatrices témoignent du harcèlement et de la violence sexuelle. Récompensée par le prestigieux Prix Eisner 2020 de la meilleure anthologie, Balance ta bulle va devenir un classique de la littérature militante. Un indice qui ne trompe pas, la préface est signée Roxane Gay, autrice du best-seller “Bad Feminist”.

Avertissement: ces histoires sont très dures. Il a fallu beaucoup de courage à ces artistes pour réussir à à mettre des mots et des image sur ce qu’elles ont vécu. Comme l’écrit Roxane Gay: “Ces artistes ne se présentent pas en victimes, mais plutôt en passeuses de vérité, et dévoilent au grand jour les vilains secrets de leurs agresseurs.”
C’est aussi un moyen pour elles de reprendre le pouvoir sur leur existence.


Le format choisi, des histoires courtes, de 2 à 4 pages, comme des nouvelles, facilite la lecture. Ce n’est pas une BD qu’on peut dévorer d’une traite. Il faut donc prendre le temps de comprendre chaque histoire et de digérer la colère, la nausée, qu’elle provoque. Reste des interrogations? Pourquoi cette violence masculine (97% des agressions sexuelles sont commises par des hommes) est-elle systémique? Que faire? Comment aider les victimes?


Les autrices donnent plusieurs pistes. Les écouter et les croire est la première étape. Il existe aussi des formations gratuites en ligne, comme celles de "Nous Toutes en France", qui aident à savoir comment agir et aider. L’éducation des garçons au respect et au consentement perpétuel est la solution la plus efficace. La pédagogie auprès des hommes de notre entourage peut être utile. Mais attention à ne pas s’épuiser pour rien avec des personnes non ouvertes au sujet. Quant au système judiciaire, c’est une autre paire de manches. Quand en 1962, dans le Minnesota, la mère de l’autrice, Avy Jetter, tente de porter plainte contre son mari violent, les policiers rejettent sa plainte. C’était il y a près de 60 ans, et les choses n’ont pas beaucoup changé. La majorité des victimes de viol et de violences (dont des enfants) ne portent pas plainte, partout dans le monde, car elles savent l’accueil qu’on leur réserve. Et très peu d’agresseurs sont finalement condamnés. Alors que les victimes, elles, sont si nombreuses à tenter de se suicider. La honte doit changer de camp. Il est donc important de soutenir les victimes.



Cet ouvrage est un des moyens aussi de faire de la pédagogie auprès des jeunes, adolescents notamment et parents. Il devrait donc trouver sa place dans les bibliothèques municipales et les collèges, lycées, universités. Enfin, posez-vous des questions. Avez-vous gardé parmi vos proches et vos amis, des agresseurs? Pourquoi? Il est temps d’agir. Les agresseurs n’évolueront que lorsqu’ils subiront un impact direct sur leur vie, sociale, professionnelle, amicale, familiale. La balle est dans votre camp.

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