ZOO

Murky World (Novembre 2020)

couverture de l'album Murky World

Scénario : Richard Corben

Prix : 25.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

3.0

Dessin

5.0

Même s’il a été sacré « Grand Prix » d’Angoulême, en 2018, Richard Corben n’en reste pas moins un artiste assez discret. Il revient, toujours accompagné par Delirium, avec Murky World, l’histoire d’un barbare un peu stupide qui se retrouve entraîné, malgré lui, dans une succession d’aventures rocambolesques.



Le taxi à l'époque de Murky World...




S’il existe une constante dans le travail de Corben, c’est bien ce besoin d’explorer la BD de genre, de revenir vers ses premières lectures. Qu’il s’agisse de contes macabres, de récits fantastiques, d’hommages à Lovecraft, à Poe ou comme avec Murky World, d’Heroic Fantasy, l’artiste respecte scrupuleusement les codes tout en y ajoutant un côté décalé, voir même parfois parodique !

Ainsi, en commençant cette lecture, nous rencontrons Tugat, un barbare musclé quelque peu décérébré qui se voit confié, dès la seconde page, une vague mission dont il ne saisit absolument pas le sens, ni l’intérêt. Mais comme il n’est pas là pour se poser des questions, il s’exécute, plongeant ainsi dans un récit feuilletonnesque plein de rebondissements et de rencontres inattendues !

Sous ses dehors de « héros » archétypale, Tugat ne cesse, malgré tout, de multiplier les mauvais choix, de se tromper, allant jusqu’à fuir par lâcheté. Et même s’il se forge progressivement une vraie stature héroïque, il reste en décalage ! Et c’est dans cette particularité que l’on devine la personnalité en marge de Corben. Toutefois, l’artiste ne tente pas de transformer son barbare en bon samaritain, il le laisse subir les mille et une démêlés qui se présentent au contact de la belle Moja !

Il en profite pour reprendre tous ses éléments habituels, les monstres, les belles filles plantureuses, les bons gars hyper musclés… Tout y est !



Malgré tout, on sent bien que l’écriture manque de structure deçi delà. Tugat rajeunit inopinément pour revieillir tout aussi vite, il se découvre soudain un passé, gagne brusquement en courage, se révélant plus fort qu’auparavant… Corben est en roue libre, il se fait plaisir et qu’importe les incohérences, on se plie au jeu avec plaisir !

En marge de l’histoire, le dessin est magnifique, il se fait caricatural, avec des expressions grotesques, des visages qui s’allongent, des perspectives qui se tordent, des monstres sous acide… C’est réellement savoureux du début à la fin.

Un vrai cadeau si vous aimez l’art de Richard Corben !


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Commentaires et critiques (1)

note de la critique de SuperMax

Richard Corben revient dans un de ces univers qu'il aodre, entre fantasy et réalité. On suit Tuga, un guerrier courageux mais candide, qui se trouve final plongé dans une quête beaucoup trop grande pour lui...

Posté le 07/02/2021 à 11h53