ZOO

Les indésirables (Janvier 2021)

couverture de l'album Les indésirables

Éditeur : Rue de Sèvres

Scénario : Kiku HughesDessin : Kiku Hughes

Genres : Historique

Prix : 18.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.5

Scénario

5.0

Dessin

4.0

Kiku Hughes, dessinatrice et autrice de Les Indésirables, allie autobiographie et fiction ingénieusement. L’album nous ouvre les yeux sur un épisode de l’histoire américaine du XXe siècle, peu connu et rarement évoqué.

À 16 ans, Kiku visite San Francisco avec sa mère. Elle la suit dans la ville sans trop d’enthousiasme ni de curiosité. Alors que sa mère est à la recherche du lieu où vivait sa propre mère, issue de l’émigration japonaise, un nuage de brume opaque emporte la jeune Kiku une première fois. Ce phénomène va se répéter et nous immerger dans les années 1940’ lors de la Seconde Guerre mondiale avec elle. Aspirée dans le décor poussiéreux des camps d’internements désolés, Kiku ne sait pas quand et comment rentrer à sa vie initiale. En revanche, ce qu’elle comprend instantanément, c’est que sa grand-mère maternelle, accompagnée de ses parents, se trouve également contre son gré dans ce même lieu.

Cet étrange voyage dans le temps, va alors permettre à l’adolescente blasée de prendre conscience de l’importance de son héritage culturel. Désormais, il n’est plus question pour Kiku de revenir à sa vie d’avant comme si de rien n’était. Face à un présent inquiétant, avec l’influence grandissante de figures politiques racistes et anti-démocratiques comme Donald Trump, le voyage dans le passé est le moyen de se rappeler. L’histoire de fiction intervient donc judicieusement, pour expliquer que la mémoire est nécessaire pour ne pas reproduire les mêmes erreurs du passé. En racontant son histoire et cette aventure folle, Kiku Hughes rend ainsi hommage à sa famille, mais aussi à toute la population d’origine japonaise immigrées aux Etats-Unis, qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont été déportés et internés dans des camps.


Le dessin, aux traits fluides et aux couleurs pastelles, s’affiche sobre et net. Cette grande fluidité met en lumière une dynamique du mouvement, que Kiku subit dans un premier temps. Quand la brume l’emporte de force, c’est toute sa tranquillité qui est bousculée. Pourtant, malgré la cadence des journée, la dureté des conditions, sans compter la peur grandissante au sein des internés, Kiku semble progressivement accepter son sort. Le style du graphisme n’ajoute pas spécifiquement de caractère à l’histoire, mais elle accompagne cette nouvelle rythmique avec efficacité. C’est en effet ce tourbillon symbolique qui permet à Kiku de se reconnecter avec ses ancêtres et à son histoire. L’album retrace donc très bien l’impulsion donné à l’autrice pour commencer à s’engager davantage et lutter contre l’oubli/ l’amnésie collective.

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