ZOO

Ne m'oublie pas (Janvier 2021)

couverture de l'album Ne m'oublie pas

Éditeur : Le Lombard

Scénario : Alix GarinDessin : Alix Garin

Prix : 22.50€

ma collection
mes souhaits

La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

4.5

Dessin

4.0

Ne m’oublie pas est un hymne tendre et saisissant à l’amour porté à un grand-parent. La grand-mère de Clémence, atteinte d’alzheimer, est vouée à vivre dans une maison de retraite. Survoltée, la jeune femme kidnappe sa grand-mère, et part sur la route de leurs souvenirs partagés.


Clémence s’entraîne pour le concours d’entrée national de théâtre quand elle apprend que sa grand-mère a encore fugué de la maison de retraite. Assise au beau milieu d’une pièce, sa mamie Marie-Louise a le visage tourné vers la fenêtre. L’infirmière, sa fille et sa petite-fille Clémence parlent d’elle à la troisième personne : « Un traitement chimique doux, clamant. Quelque chose qui l’apaisera, qui la détournera de son obsession de s’échapper. »

Voilà ce qui est proposé pour assurer la sécurité de cette femme âgée, apparemment isolée du monde extérieur et de la plupart de ses souvenirs. C’est là que l’histoire pointe du doigt une question extrêmement sensible, concernant l’encadrement et la vie de ces personnes, devenues dépendantes de leurs proches. La spontanéité de Clémence l’emporte. La petite-fille tente donc le tout pour le tout en embarquant sa mamie avec elle, pour la ramener dans son ancienne maison.


Cette virée interdite s’apparente à une parenthèse de leur vie. En effet, les contours des formes et les coloris présentent un monde vaporeux, presque onirique. Sous un style graphique plus abstrait que figuratif, nous prenons part à une aventure contée de façon quelque peu enfantine mais subtile.

Clémence se retrouve à la fois criminelle et sauveuse de cette grand-mère tant aimée. Ce parallèle perturbant, apporte une tension palpable à l’histoire. Le voyage est ponctué par des étapes qui prennent parfois une tournure inattendue. D’une nuit dans un motel, où elles en ressortent sans argent, Clémence et Marie-Louise ne se démènent pas. Elles décident de s’arrêter dans un bar du village pour parier de l’argent face à de redoutables habitués des jeux. On en n’oublierait presque l’aspect fatal de la maladie neuro dégénérative de la grand-mère. Le développement de l’histoire gagne en rythme grâce au mouvement progressif et ascensionnel du road trip. Finalement, Clémence prend le risque de faire vivre à sa grand-mère un moment de complicité mémorable, quitte à ne pas réfléchir aux conséquences juridiques. Si l’interrogatoire de Clémence au poste de police reste crucial et intriguant, le voyage sur la route fait véritablement la force du récit.

Les retrouvailles des deux femmes sont amusantes et touchantes. Les souvenirs remontent et représente un lien de connexion fort entre les deux générations. L’enthousiasme mêlé au doute et à l’excitation, réanime tout particulièrement le visage de Marie-Louise. Mais bien évidemment, cette dynamique forte et crescendo, accélère tout autant le temps de vie qu’il reste à partager.

Haut de page

Commentez et critiquez

1200 caractères restants