ZOO

L'homme qui inventait le monde (Avril 2021)

couverture de l'album L'homme qui inventait le monde

Éditeur : Dargaud

Scénario : Rodolphe, Bertrand MarchalColoriste : Sébastien Bouët

Genres : Science-Fiction

Prix : 16.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

3.5

Dessin

4.0

Un astronaute en permission est en proie à des cauchemars récurrents, se sent espionné, et s’enfuit en « bonne » compagnie, tentant d’échapper à son destin. Derrière le vernis apparent de cet album, la corrosion gagne peu à peu du terrain.

Dans un futur peut-être pas si lointain, la baie de Dakar sert de base de relâche pour les militaires revenant de mission interstellaire. C’est dans ce contexte que la belle et blonde Charlie Barrymore rencontre le beau et brun capitaine John Bowman, navigateur spécialisé dans les missions d’exploration. Une guerre contre des extra-terrestres semble irréelle dans ce cadre paradisiaque, mais elle existe bel et bien, évoquée dans les dialogues et les fréquents décollages de vaisseaux spatiaux partant au front. Et John souffre de cauchemars récurrents, évoquant une mission spatiale vers un trou noir, avec une entité obscure et tentaculaire.


La Terre explore déjà l'espace

La Terre explore déjà l'espace
© Dargaud

Pas de coup de foudre d’emblée entre Charlie et John, mais une camaraderie qui débouche sur une fuite de ce lieu idyllique en apparence seulement pour New-York, Bowman étant persuadé qu’ils sont espionnés. Ce qui est effectivement le cas. Mais Bowman est-il un simple navigateur? Charlie n’a-t-elle pas un comportement ambigu? Cette dernière découvre que John semble avoir un mystérieux pouvoir qu’il ne perçoit pas forcément…


L'humanité fait face à une invasion

L'humanité fait face à une invasion
© Dargaud

L’intérêt du scénario écrit par Rodolphe réside déjà dans l’ambiance sourde, faite de faux-semblants, de menaces feutrées, qui suinte tout au long des pages. Le beau dessin classique et les décors très réalistes de Bertrand Marchal nous donnent l’impression que ce monde est presque le nôtre, renforçant ce sentiment trouble. On voit bien que la fête en boîte de nuit, les rires dans un jardin public ne sont que des faux-semblants face à une menace qui dépasse l’humanité. Comme une maladie qui ronge un corps apparemment en bonne santé. La planète est en sursis. La solution est peut-être dans l’espace, théâtre de la dernière partie du récit.

En écho à cette impression de duplicité, l’album est classique en apparence, pourrait paraître lisse, mais en grattant, on peut y percevoir autre chose. Un certain désenchantement.

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