ZOO

Love Kills (Avril 2021)

couverture de l'album Love Kills

Éditeur : Soleil

Scénario : Danilo BeyruthDessin : Danilo Beyruth

Collection : Hors Collection

Genres : Fantastique

Prix : 18.95€

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La critique ZOO

Note ZOO 3.5

Scénario

2.5

Dessin

4.0

Comme tous les vampires, Helena dort le jour dans une baignoire pleine de terre et chasse la nuit sur son territoire. Quand un de ses semblables vient empiéter sur son terrain de jeu, une traque s’engage dans une férocité inouïe. Dans sa course, Helena bouscule Marcus, un cuistot, en pleine pause clope...


L’auteur de
Samurai Shirô revisite le mythe du vampire en l’insérant dans un contexte urbain. Cru, moderne et bestial dans son approche, Danilo Beyruth s’est surtout appliqué à mettre en scène des fauves en manque de viande fraîche et se livrant à des guerres de territoire en pleine ville.

Mais un récit de Vampire n’en serait pas un sans une relation avec une de ses proies. Marcus, cet humain de circonstance, ressemble plus à un allié d’infortune qu’à un amant interdit : Helena ne s’attend pas à son implication dans la guerre de territoire qu’elle livre et maintient du coup une distance avec ce personnage. De son côté, Marcus se révèle à la fois fasciné et horrifié par l’univers insoupçonné du prédateur qu’il côtoie. Contre toute attente, Danilo Beyruth ne cède pas à la tentation du vampire romantique : Love Kills est un récit brutal où les deux protagonistes s’unissent avant tout dans un but de survie.


Le vampire de Love Kills

Le vampire de Love Kills
© Soleil


Il est cependant regrettable que cette relation ne se développe pas plus. Les interactions entre les personnages sont très sommaires et n'enrichissent que très peu l’histoire. L’intrigue tourne essentiellement sur la nature solitaire de Helena et sa froideur envers les hommes. Ce choix scénaristique diminue quelque peu les dimensions potentielles que le récit aurait pu explorer.
Fort heureusement, un mal plus grand rôde dans les entrailles de la ville et promet quelques rebondissements bienvenus.

C’est sur le plan graphique, que Love Kills révèle sa plus grande qualité. Danilo Beyruth maîtrise le noir et blanc avec beaucoup d’aisance. Le graphisme est très nerveux, même lors des scènes statiques ou contemplatives. Le plus bluffant réside dans le dynamisme des mouvements des personnages. Pour rendre compte de l’agilité surhumaine des prédateurs qu’il dessine, Beyruth trouve une astuce en s’appliquant sur les particules de matière touchées par ses personnages. Elles peuvent consister en des projectiles de terre expulsés d’une baignoire ou à des gouttes sang giclant d’une griffure en plein combat. Ces détails viennent subtilement donner de l’inertie à la sauvagerie des personnages. L’auteur use du même artifice avec la lumière : les ampoules explosent en particules de verre et les phares crachent la lumière par gerbes diffuses.

Love Kills est une histoire de vampire magnifiquement mise en image, mais qui mériterait toutefois plus de dimension.

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