ZOO

Ours (Mai 2021)

couverture de l'album Ours

Éditeur : Kinaye

Scénario : Ben Queen, Joe Todd-StantonDessin : Joe Todd-Stanton

Collection : Graphic Kids

Genres : Aventure

Public : De 3 à 15 ans

Prix : 19.90€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Aurait-on ici une des meilleures BD jeunesse de cette année? En lisant Ours, de Ben Queen et Joe Todd-Stanton, chez Kinaye, on est en droit de se poser la question. Car quand un album allie poésie, engagement sociétal, émotion et humour, que demander de plus?

Ours est un chien, comme son nom ne l’indique pas. Un chien d’aveugle, contrairement à toute sa famille qui est chien-policier. Mais il vit désormais aux côtés de Patrick, un réparateur de distributeurs automatiques. Il est ses yeux. Mais quand Ours perd la vue à son tour, quelle sera sa place?

Se mettre à la hauteur des enfants avec intelligence

Pour parler du handicap aux enfants, on fait rarement mieux qu’Ours. Car avec intelligence, le scénariste Ben Queen met l’accent non pas sur celui de l’humain, mais celui du chien. Le personnage, qui parle aux autres animaux, va pouvoir incarner de manière plus métaphorique les difficultés vécues et ressenties par les personnes qui deviennent aveugles. L’utilité sociale est questionnée. Les difficultés posées par la dégradation de la vision. Ours s’isole, se renferme sur lui-même, se pensant devenu inutile pour Patrick.

Ours est un chien d'aveugle

Ours est un chien d'aveugle
© Kinaye

Alors commence un road-movie aux côtés d’un ours que le héros croit être un chien, puisqu’il ne voit plus. Mais le scénariste offre au lecteur une perspective à ne pas oublier. Le handicap, si terrible qu’il soit, n’est pas une fin de vie. C’est une autre vie, pour laquelle il faut faire des efforts d’adaptation. Ours comprendra au fil du chemin qu’il a d’autres atouts à faire valoir et qu’il n’est pas inutile.

Ce n’est pas parce qu’on est aveugle qu’il n’y a rien à montrer

Et ce dernier élément, le dessinateur Joe Todd-Stanton le retranscrit avec une grande intelligence graphique. Dès lors que l’on est concentré sur les perceptions des aveugles, le dessin évolue, passant en fond noir parsemé de silhouettes plus ou moins bien formées. Et plus Ours s'adapte, plus le décor s'affine dans cette obscurité. Traduisant graphiquement l’évolution vécue par le personnage principal.

Ours souhaite lui aussi retrouver la vue

Ours souhaite lui aussi retrouver la vue
© Kinaye

La simplicité du trait offre une plus grande universalité au récit que ne l’aurait fait un dessin réaliste. Avec un travail des couleurs intense, marqué, qui traduit bien l’appartenance du livre au genre « Jeunesse », on a une dose supplémentaire de poésie qui offre un tout autre voyage.

Alors oui, il y a beaucoup de bonnes choses à dire sur Ours. Mais le mieux, c’est encore que vous preniez le temps de le lire et de l’offrir aux enfants de fin de primaire et début de collège que vous connaissez.

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