ZOO

Panorama (Avril 2021)

couverture de l'album Panorama

Éditeur : Delirium

Scénario : Michel FiffeDessin : Michel Fiffe

Prix : 20.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Au départ, il y a Augustus, un jeune homme mal dans sa peau qui, sous le coup de l’émotion, voit son corps se tordre, s’étirer monstrueusement, amalgame agressif de chair, d’os, de dents, qui s’enroule autour de ceux qui se tiennent à proximité. Plongée dans un urban movie inquiétant et étrange. Dépaysement garanti!

Dès les premières pages, on ne sait pas vraiment où l'on met les pieds. Il y a Augustus qui fugue, qui se fait attaquer par une bande de voyous, qui se transforme étrangement, qui frappe, mord, balance… Il rencontre ensuite Valencia, qui imagine gagner de l’argent avec ce phénomène de foire et la vie du jeune homme bascule soudain, entraînant sa petite amie Kim dans la danse avec lui.

Autant le dire, il ne faut pas chercher à tout saisir tout de suite dans cette histoire complètement déroutante. On glisse dans un album ou les choses se mettent doucement en place. Et même si l’on n’a pas toutes les réponses, on est véritablement fasciné par cet univers atypique tenu à bout de bras par un auteur qu’il va falloir surveiller de très près, dorénavant.


Augustus est un jeune fugueur sans repère

Augustus est un jeune fugueur sans repère
© Delirium

Derrière ces métamorphoses, on devine un double sens plus métaphorique, une manifestation de l'angoissante confrontation à la réalité, au monde des adultes qui avale Augustus puis Kim dans une fuite en avant pleine de rebondissements étranges, mais que l’on dévore d’une traite. L’histoire part dans tous les sens, dans les traces de ce jeune couple qui perd pied parfois, mais surtout qui veut s'émanciper en se découvrant. Augustus a du mal à retrouver son équilibre, mais Kim montre vite un caractère plus responsable et c’est elle qui va ensuite servir de liant pour stabiliser son copain.



Du « body-horror » caractéristique d’un certain David Cronenberg

Du « body-horror » caractéristique d’un certain David Cronenberg
© Delirium

Panorama surprend par son esthétique résolument brute de décoffrage. Le trait est rugueux, sans effet graphique bassement esthétique, l’auteur laisse traîner des détails incongrus, les transformations ont un aspect gore déstabilisant, et pourtant l’ensemble a du charme, une personnalité qui ne laisse pas indifférent, qui donne très envie de creuser les prochaines parutions de Michel Fiffe, comme Copra qui devrait bientôt arriver, toujours chez Delirium!

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