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Circé la magicienne (Août 2021)

couverture de l'album Circé la magicienne

Éditeur : Dargaud

Scénario : Gabriel Delmas, Richard Marazano

Genres : Fantastique

Prix : 15.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.5

Scénario

5.0

Dessin

4.0

Sur l’île d’Aiaié vit Circé la magicienne. Experte en philtre, métamorphose et envoûtements, la fille d’Hélios entretient sur son île une faune animale issue de ses pouvoirs. La nature y est ici prospère, à l’écart de la barbarie des hommes et de la civilisation. Mais lorsqu’un messager des dieux annonce à Circé la venue d’Ulysse, le héros de la guerre de Troie, quelque chose d’irréversible s’annonce.


Onirique. Voilà comment définir la lecture de cet ouvrage singulier relatant le dixième chant de l’Odyssée d’Homère. Rappelons le contexte pour les néophytes de la mythologie grecque : Ulysse, ayant mis fin au siège de la légendaire cité de Troie grâce à sa ruse, rentre chez lui avec ses compagnons de guerre. Un retour mouvementé l’ayant confronté au terrible cyclope Polyphène, fils de Poséidon le Dieu des mers et des eaux. En sortant victorieux de cette rencontre, Ulysse provoque le courroux de ce dieu qui trouvera tous les moyens pour retarder et égarer le soldat et ses compagnons sur les mers. Son périple l’amène sur l'île d’Aiaié, habitée par Circé la magicienne aux pouvoirs métamorphes.


Richard Marazano nous fait prendre le point de vue de Circé

Richard Marazano nous fait prendre le point de vue de Circé
© Dargaud



En réponse au merveilleux récit d’Homère, Richard Marazano nous fait prendre le point de vue de Circé, ce personnage charnière et envoûtant, étape incontournable de L’Odyssée. L’écriture est ici digne d’un récit mythologique : dialogues pleins d’emphase et solennels, les personnages exposent et narrent le mythe comme Homère autrefois l’aurait fait faire à ses héros légendaires. Le texte en est délicieusement féerique, envoûtant… mais également plein d’actualité. Car toute la portée symbolique du personnage de la magicienne repose sur sa pureté vis à vis de l’humanité. Circé est une question posée à Ulysse et aux hommes vis-à-vis des crimes commis à Troie. Elle-même capable de transformer les hommes en animaux, ne ramène-t-elle pas finalement l’homme à son état le plus approprié ?


Le graphisme réussit avec brio à insuffler de l'onirisme à chaque page

Le graphisme réussit avec brio à insuffler de l'onirisme à chaque page
© Dargaud

Pour mettre en image ce récit, Gabriel Delmas laisse parler l’obscurité. Les visages surexposés de ses personnages se dégagent du noir comme un flou souvenir rêvé. Mention spéciale au regard de Circé, d’une pureté sensuelle à en étreindre le lecteur… en sublime contraste aux silhouettes masculines, brutes et hachurées.


Le graphisme ne plaira pas à tous, mais réussit avec brio à insuffler un onirisme à chaque page tournée.


L’album s’ouvre et se termine comme dans un rêve : une douce et cauchemardesque parenthèse questionnant l’esprit de l’homme sur sa propre condition.


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