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L'île des oubliés (Août 2021)

couverture de l'album L'île des oubliés

Éditeur : Phileas

Scénario : Roger Seiter, Frédéric Vervisch

Genres : Roman Graphique

Prix : 18.90€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.5

Scénario

4.0

Dessin

5.0

Alexis, jeune archéologue anglaise, profite d’un été pour visiter la Crète, l’île natale de sa mère. Cette dernière se montrant relativement secrète sur son enfance, elle suggère à sa fille d’aller rencontrer Fotini Davaras, une amie de la famille restée au pays. Alexis est loin de s’imaginer quelle histoire familiale s’y est déroulée sur plusieurs générations.

Émouvant. Adapté du Best-Seller du même nom de Victoria Hislop paru en 2005 au Royaume Uni puis en 2012 en France, L’Île des Oubliés est un album fascinant. Sous la forme d’un témoignage, il relate à travers le récit de la famille Petrakis l’histoire tragique de la petite île de Spinalonga située au nord de la Crète. Le personnage de Fotini Davaras raconte à Alexis comment cette petite île au large de Plaka, le village natal de sa famille, fut un lieu d’exil pour les Grecs atteints de léprose durant la première moitié du XXème siècle. Ayant touché l’arrière grand-mère puis la grand-mère d’Alexis, la lèpre a façonné la famille de cette dernière ainsi que plusieurs centaines de familles grecques entre 1904 et 1957.


L'album adopte la forme d’un roman-mémoire centré sur les ancêtres de l'héroïne

L'album adopte la forme d’un roman-mémoire centré sur les ancêtres de l'héroïne
© Philéas, éditions 2021


Le scénario de Roger Seiter se montre simple et efficace. Si l’album ressemble au départ à un carnet de voyage introspectif pour Alexis, il adopte vite la forme d’un roman-mémoire centré sur les ancêtres de la jeune femme. Bien que les dialogues puissent paraître un tantinet trop narratifs et peu naturels, ils n’en demeurent pas moins immersifs et évitent brillamment les lenteurs que pourraient prendre certains passages. L’album a beau raconter une histoire sur l’isolement d’une population condamnée par une maladie insidieuse et progressive, le récit est pourtant très dynamique dans sa façon de raconter les crises familiales au cours des décennies.


Fred Vervish donne à la Crète et à la Méditerranée les plus belles couleurs de sa palette

Fred Vervish matérialise la Crète et à la Méditerranée
© Philéas, éditions 2021

C’est au travail sur le dessin et la couleur que l’adaptation du roman en bande-dessinée doit sa plus grande réussite. Fred Vervish donne à la Crète et à la Méditerranée les plus belles couleurs de sa palette. Les nuances de bleu et d’ocre viennent habiller la mer et les villages dans une très belle harmonie. Et les silhouettes des personnages rivalisent de grâce entre chaque page : mention spéciale à la scène de danse entre Anna et Antonis qui capture toute la sensualité des amours et insouciances de jeunesse.

Car au-delà d’une histoire de famille, l’Île des Oubliés raconte surtout les jeunesses que la lèpre et les traditions sociales ont gâchées. Ces couples séparés, ces enfants privés de leurs parents, ces retours en société impossibles… Victoria Hislop, puis Roger Seiter et Fred Vervish donnent à ces oubliés une dignité qu’il importe de témoigner.

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