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Degas, la danse de la solitude (Septembre 2021)

couverture de l'album Degas, la danse de la solitude

Éditeur : Le Lombard

Scénario : Salva RubioDessin : EfaColoriste : Efa

Collection : Contre/Champ

Prix : 17.95€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Peintre, sculpteur, artiste de renom... Edgar Degas valait bien un roman graphique. Mais l’homme était aussi infréquentable que le créateur talentueux. Cette BD en demi-teinte a le mérite de le raconter.

Seul, exclusif, critique, acerbe, parfois aigri, hautain et méprisant. Ainsi fut Edgar Degas, grand peintre et sculpteur. Il fut à l’origine du mouvement impressionniste alors qu’il passa son temps à le critiquer et le pourfendre. Aussi infréquentable que talentueux, celui qui rendit hommage aux femmes dans ses œuvres, des petits rats de l’opéra à la petite danseuse en passant par les femmes noires de Louisiane, les lessiveuses et les prostituées parisiennes, a traversé une vie jalonnée de rendez-vous manqués.


L'inspiration de degas

L'inspiration de Degas
© Lombard, éditions 2021



DEUX DEGAS

Son entourage, de Manet à Monnet en passant par Berthe Morisot, avait pris pour habitude de dire qu’il y avait deux Degas : « Celui qui bougonne et celui qui grogne. » Dans ce récit limpide, mais manquant un peu de relief, Salva Rubio aborde cette vie par le prisme d’une femme avec qui il se lia d’amitié avant de la rejeter. Mary Cassatt, c’est son nom, va tomber amoureuse de lui au fil de leurs rencontres et de l’initiation à la peinture que lui prodigue le maître.

Elle ne perdra pas tout, puisqu’elle volera finalement de ses propres ailes dans le monde de la peinture. Cette Américaine est certainement, avec Manet, le personnage le plus attachant de cette bande dessinée dont le héros apparaît à chaque planche un peu plus seul et hermétique au monde qui l’entoure. Préférait-il les hommes aux femmes ? Avait-il un attrait pour les dames de petite vertu et de modeste condition sociale ? Le lien, ou plutôt l’absence de lien amoureux affiché par Degas a contribué à entretenir un mystère encore prégnant.

Le dessin d’Efa est en symbiose avec le portrait d’un peintre. Son trait épais et plein d’émotions laisse la place au vide et aux interstices nécessaires à tout ce qui se joue hors la case : le contexte, les sentiments des personnages, la cocasserie de certaines scènes. Beaucoup de choses passent dans ce qui n’est ni écrit ni dessiné. C’est malheureusement trop juste pour en faire une de ces BD qui transportent et restent durable- ment en mémoire.


Article publié dans le Mag ZOO N°83 Septembre-Octobre 2021

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