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L'homme qui aimait les femmes (Octobre 2021)

couverture de l'album L'homme qui aimait les femmes

Éditeur : Glénat BD

Scénario : Reiser

Genres : Humour

Prix : 23.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Quel autre dessinateur que Reiser aimait autant les femmes ? Wolinsky peut-être, dont la veuve vient de quitter ce monde. Dans cette histoire du féminisme, éditée par Glénat, celui qui a fait partie des fondateurs et fait les beaux jours d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo avait l’art et la manière de croquer ces dames. Un humour noir, pour mieux être à leurs côtés.

La charge mentale d’une femme, qu’elle bosse à temps plein au foyer ou, en plus, à l’extérieur. Les mômes. Les courses. La vaisselle. Le ménage. L’amour. En quelques coups de crayons, Reiser avait l’art et la manière de rendre hommage aux femmes, dont il était l’ami dans la vie. A son contact, elles trouvaient une forme de respect, alors assez rare chez des hommes envahis par un machisme culturel et sociétal.

Reiser avec ce talent, bourré d’humanité, de s’intéresser à l’autre. Dans ses défauts, ses qualités, ses différences. C’est tout ce que donne à voir le spécialiste de Reiser, Jean-Marc Parisis, dans cette histoire du féminisme un peu particulière. Il s’agit en réalité d’une biographie de Reiser dans le regard qu’il portait sur la gente féminine. Un épais livre où les gags, les planches, les bandes dessinées et les unes de journaux dessinées par l’auteur de Vive les vacances et autres tranches de vie poilantes, sont ponctuées de citations, de témoignages de personnes qui l’ont côtoyé, de mise en contexte…



Reiser - L'Homme qui aimait les femmes

Reiser - L'Homme qui aimait les femmes
© Glénat, éditions 2022

Oui, Reiser aimait et respectait ces dames. Son oeuvre leur rend hommage. Et pour cela, il faut avoir l’œil. Percer le premier degré pour découvrir tous les autres. Savoir regarder au-delà de l’humour noir pour y déceler des marques de tendresse, des témoignages de bienveillance. En pleine actualité sur les violences féminines, la condition de celui qu’on a trop longtemps, trop injustement et trop abusivement surnommé « le sexe faible » est, fort heureusement, en train de changer.

Avant-gardistes, des génies comme Reiser y ont contribué en se positionnant il y a bien longtemps. A une époque où défendre les femmes n’étaient pas dans l’air du temps. Est-il besoin de rappeler à quel point Reiser fut un dessinateur engagé ? ça va toujours mieux en le (re)disant.

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Commentaires et critiques (1)

note de la critique de François Samson

Accueilli par un titre évoquant un film de François Truffaut, le lecteur peut choisir de déguster le recueil à petites doses gourmettes, ou de s’immerger totalement et de dévorer le livre en une fois. Bienvenue alors dans la machine à remonter le temps. Nous nous retrouvons projetés il y a environ 50 ans. Parfois, il est possible de se dire qu’heureusement les temps ont changé. Parfois, la conclusion est qu’hélas (ou heureusement ?) rien n’a changé. Mais à chaque page, l’acuité du ton, le dérapage (in)contrôlé dans le trait nous marquent comme autant de coups de griffes.
Graphiquement, c’est du Reiser, donc un style davantage dessin d’humour que BD (précision pour ceusses qui, de retour d’un voyage sur Mars d’une cinquantaine d’années, ne connaîtraient pas son oeuvre), avec des dérapages volontairement (in)contrôlés de la plume, des bouilles de personnages incroyables, drôles, un trait parfois trash, mais toujours bien vu.
Une bonne manière de se replonger dans l’œuvre de cet artiste qui a marqué toute une époque. A lire et/ou à offrir.

Posté le 01/02/2022 à 23h27