ZOO

Aimer pour deux (Septembre 2021)

couverture de l'album Aimer pour deux

Éditeur : Bamboo

Scénario : Stephen Desberg, Emilio Van Der Zuiden

Collection : Grand Angle

Genres : Historique

Prix : 16.90€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

4.5

Un souffle habite ce récit sur fond d’occupation allemande puis de Libération de Paris. Des destins qui se croisent et une histoire de non-amour puis d’amour, évocation d’une époque complexe d’une manière moins manichéenne que souvent.

Une très bonne surprise, ce récit de Stephen Desberg qui, rythmé par une voix off inspirée parcourant l’album, nous entraîne dans la vie de Monique, jeune et jolie femme éprise de la liberté offerte par les nuits parisiennes. Liberté bien paradoxale sous la botte nazie qui occupe alors la France. Les amitiés de Monique sont à l’image de cette époque ambigüe, ou tout était gris (et parfois vert-de-gris), avant d’être réécrite en noir et blanc après-guerre. Gin, un jeune pianiste américain noir, juif et homosexuel. Manon, une femme splendide qui accumule les amants parmi les Occupants mais qui n’a d’yeux que pour son jeune fils.

Monique, elle, ne réussit pas à aimer vraiment Nicole, sa fille, qu’elle a eu de Francis, homme gentil, drôle, cultivé, qui lui a fait connaître le milieu artistique et des fêtes parisiennes, mais qu’elle ne réussit pas à aimer vraiment non plus. Monique aurait voulu ne pas avoir à choisir déjà sa vie, mais continuer à avoir devant elle tous les choix possibles. Tout autour d’elle incite à la gravité, alors qu’elle aspire simplement à la liberté. Touchante dans sa coupable insouciance.


Le dessin « ligne claire » de Van Der Zuiden représente avec élégance Paris occupé

Le dessin « ligne claire » de Van Der Zuiden représente avec élégance Paris occupé
© Grand Angle, éditions 2021

Le dessin « ligne claire » d’Emilio Van Der Zuiden réussit pleinement à représenter avec élégance la vie d’un Paris privilégié, ayant les moyens de continuer à vivre. Et il se fait inquiétant pour évoquer les exactions des Nazis.

Stephen Desberg, scénariste belgo-américain ayant fait les belles heures du journal de Spirou de la fin des années 70 aux années 90 (421, Billy the cat, Arkel, Mic Mac Adam, Jimmy Tousseul...) avant de se faire connaître avec des séries telles Le Scorpion ou IR$, a puisé dans son histoire familiale pour écrire ce récit. Il a été bien inspiré. On retrouve l’écriture source d’émotion romanesque qu’il a utilisée pour ses plus belles pages.

La fin peut sembler rapide, sauf si elle est le prétexte à un second volume. Espérons donc le succès pour Aimer pour deux !

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