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L'espace d'un instant (Mars 2022)

couverture de l'album L'espace d'un instant

Éditeur : Rue de Sèvres

Scénario : Marc Lesage, Niki SmithDessin : Niki Smith

Public : De 3 à 15 ans

Prix : 16.00€

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La photographie en guise de béquille

Note ZOO 4.0

Scénario

5.0

Dessin

3.0

Niki Smith suit la lente reconstruction d’un adolescent témoin d’un drame. Il en résulte un récit initiatique subtil, fort et touchant.

Manuel a assisté à l’agression de son enseignante d’arts plastiques par un homme armé. Peu de temps après, il sympathise avec Sebastian et Caysha. Avec ces camarades de classe, il élabore des projets et passe du temps dans la ferme des parents de Sebastian, le citadin qu’il est s’ouvrant à la ruralité. Au fil des jours, il développe aussi sa pratique de la photographie. Cette dernière lui permet de se concentrer, de s’ancrer dans le réel et d’affiner son regard.

De la délicatesse

Ce livre sur une lente reconstruction suite à un traumatisme montre l’importance des liens noués et développés, des situations – souvent simples – qui ramènent à l’essentiel (l’amitié, le contact avec la nature…) et des instantanés que constituent les photographies prises par le personnage principal.

L'espace d'un instant

L'espace d'un instant
© Rue de Sèvres, 2022

Niki Smith possède un talent certain pour mettre en scène les choses avec délicatesse, y compris lorsqu’il s’agit de situations attendues. Ainsi, la narration révèle progressivement les événements, par petites touches, levant au fur et à mesure le voile sur les éléments dramatiques, leur teneur comme leur gravité. L’autrice sait aussi rendre parfaitement compte du temps qui passe en s’attachant à la succession des actions au sein d’un même jour, aux changements de la nature ou à ceux intervenant dans les relations entre les personnages… Elle utilise volontiers la déstructuration des pages de manière symbolique, afin de suggérer une plongée dans la pensée de l’un des personnages et/ou le basculement dans le drame. Il en va de même du passage de la couleur au noir et blanc lorsque Manuel se sent mal.

Si le dessin, teinté d’influence manga, est dynamique et plutôt entraînant, il est un peu trop passe-partout et manque quelque peu de personnalité. Mais ce léger défaut ne doit pas faire passer à côté de cette oeuvre sensible et touchante.

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