ZOO

La farde perdue (Juin 2022)

couverture de l'album La farde perdue

Éditeur : Félès

Scénario : Emmanuel MurzeauDessin : Emmanuel Murzeau

Genres : Récit de vie

Public : A partir de 18 ans

Prix : 24.00€

ma collection
mes souhaits
mes lectures

La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

3.5

Dessin

4.0

Un album construit en mosaïque pour découvrir différentes facettes de la vie et de la personnalité de Tomi Ungerer, truculent et fantasque dessinateur de livres pour enfants... et pour adultes. Un intéressant récit, pour les + de 18 ans.

Tomi Ungerer, connu pour ses livres pour enfants, va recevoir la Légion d’Honneur des mains de François Mitterrand. Enfin, pour l’instant, il est dans un bar, en compagnie de ses proches, et il prend le verre de trop. Il se sent vaseux. Puis un policier l’avertit qu’on a retrouvé chez un receleur sa farde à dessin volée des années plus tôt. Voilà Ungerer sur le chemin du Commissariat, dans les bouchons, puis dans les locaux de la police. Mais où est donc passée cette farde ? Des images du passé assaillent l’artiste, surgissant de son inconscient tantôt pendant qu’il s’assoupit, tantôt en réaction à un mot, à un objet.

C’est sur cette trame qu’Emmanuel Murzeau, également connu pour ses BD X aux éditions Tabou, construit tout un ensemble de flash-backs nous permettant de découvrir la vie riche et même tumultueuse de l’artiste alsacien. Sa jeunesse pendant la guerre, forcément marquante, mais aussi ses séjours plus ou moins longs en Laponie, au Canada, ou aux USA, pays où il atteint très vite une forte renommée par ses livres pour enfants, ses affiches et ses travaux pour la presse... jusqu’à ce que ses publications SM et son engagement contre la guerre du Vietnam ne le rendent persona non grata.

Les pièces du puzzle ne sont pas présentées dans l’ordre chronologique. Et des images de la guerre reviennent, lancinantes, tout au long du récit. Ainsi que des images érotiques, entre onirisme et scènes plus crues. Tout ce patchwork constitue au final un véritable feu d’artifice. Reflet de la folle créativité et de la complexité de Ungerer. On aurait aimé en savoir plus.

La farde perdue

La farde perdue © Editions Félès, 2022

Le beau dessin au trait avec mise en couleur directe à l’aquarelle contribue à la sensation que tout cela n’est qu’un rêve, issu de l’esprit d’un artiste qui a beaucoup expérimenté et laissé de très nombreux dessins.

A noter le musée Tomi Ungerer, à Strasbourg, riche d’un fond de 14000 originaux de l’artiste, exposés par roulements.

Pour aller plus loin

Haut de page

Commentez et critiquez

1200 caractères restants