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Le Ministre & La Jaconde (Septembre 2022)

couverture de l'album Le Ministre & La Jaconde

Éditeur : Casterman

Scénario : Franck Bourgeron, Hervé Bourhis, Hervé TanquerelleColoriste : Isabelle Merlet

Genres : Historique

Prix : 20.00€

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André Malraux radiographié

Note ZOO 3.0

Scénario

3.0

Dessin

4.0

Dans Le Ministre & La Joconde, Hervé Bourhis, Franck Bourgeron et Hervé Tanquerelle racontent le voyage de Mona Lisa aux États-Unis, mais ils dressent surtout un portrait sans concession d’André Malraux.

Si André Malraux embarque le 2 décembre 1962 à bord du paquebot France pour New York, ce n’est pas pour un voyage d’agrément. Le ministre d’État chargé des affaires culturelles a la haute mission d’accompagner La Joconde pendant le voyage du tableau aux États-Unis pour deux expositions exceptionnelles, à la National Gallery de Washington et au MoMA de New York. C’est Malraux lui-même qui avait suggéré au général de Gaulle d’organiser ce prêt dans le but d’amadouer Kennedy et l’administration américaine. Pour parer aux risques d’un tel déplacement pour la toile, les services de sécurité de l’Élysée sont sur les dents. Hervé Bourhis, Franck Bourgeron et Hervé Tanquerelle décrivent par le menu les cinq jours du voyage transatlantique en mêlant faits réels et inventions scénaristiques. Selon Le Ministre & La Joconde, il semblerait que la traversée ait été beaucoup plus mouvementée que ce qu’ont bien voulu dire les communiqués officiels.

Portrait moins flatteur

En réalité, en exhumant ce périple culturel qui avait fait grand bruit à l’époque, les auteurs s’attachent à explorer la psychologie d’André Malraux, figure de la politique française de l’après-guerre : écrivain à succès (Prix Goncourt en 1933 pour La Condition humaine), anticolonialiste, antifasciste, combattant républicain pendant la guerre d’Espagne, ministre sous De Gaulle.

Le Ministre & La Joconde

Le Ministre & La Joconde © Casterman, 2022

Les auteurs de l’album en dressent un portrait beaucoup moins flatteur (mais peut-être plus juste), sur le ton d’une comédie un peu absurde, à la Jacques Tati. Ils déboulonnent gentiment la statue en montrant un Malraux misanthrope, pilleur de trésor, séducteur, caractériel, résistant de la dernière heure, amateur de psychotropes. Bourré de clins d’œil, virevoltant, cet album réjouira les connaisseurs. Les plus curieux verront cet album comme une introduction à la vie politique des débuts de la Ve République.

Le ministre et la Joconde
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