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Le Ciel pour conquête

couverture de l'album Le Ciel pour conquête

Éditeur : Delcourt

Scénario : YudoriDessin : YudoriTraducteur : Chloé Vollmer-Lo

Collection : Hors collection

Genres : Roman Graphique

Prix : 25.50€

  • ZOO
    note Zoo4.0

    Scénario

    4.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Le Ciel pour conquête

Amélie est une jeune catholique mariée à Hans, marchand de la bonne société hollandaise de ce milieu de seizième siècle. Une vie d'humilité qui ne sied guère à son caractère rebelle et fantasque, et qui bascule quand Hans rapporte une jeune esclave venue des pays lointain. Lentement, les deux femmes vont nouer une relation fusionnelle qui va toutes les deux les libérer...


La critique ZOO sur l'album Le Ciel pour conquête

Dessinatrice réputée sur Instagram, Yudori conte la relation singulière d’une femme hollandaise avec une jeune esclave asiatique. Dans une société dominée par les hommes, elles font cause commune pour inventer la montgolfière.

Amélie vit en Hollande au XVIè siècle. Elle aime Dieu et les livres, dans lesquels elle se plonge dès que Hans, son mari, est absent. Lui, le riche marchand, elle ne l’aime pas. Quant à Hans, ce qu’il apprécie en elle, c’est la prendre par derrière.

Hans ramène d’un de ses voyages une esclave asiatique à la beauté troublante. Il fait l’amour avec elle face à face, humiliation supplémentaire pour Amélie. Malgré la situation, des liens ambigus se créent peu à peu entre les deux femmes. Sahara, la jeune asiatique, accepte son sort avec philosophie et finit par faire comprendre à Amélie que dans la maison de Hans, seul le chat est libre. Et Sahara va aider Amélie à réaliser son rêve : inventer une machine qui permet de voler.

Le Ciel pour conquête

Le Ciel pour conquête
© Delourt, 2022

Yudori a choisi les Pays-Bas pour son récit non seulement parce que les peintres hollandais sont pour elle une référence, mais surtout car il s’agissait alors d’un pays capitaliste émergent pleinement tourné vers l’international, nous dit-elle. Yudori raconte cette fable féministe sans considérer que Hans soit le diable, assure-t-elle : il est malheureux comme toutes les personnes peu sûres d’elles-mêmes.

La perception de la beauté est aussi un sujet pour l’autrice : Amélie se juge maigre, en plus d’avoir de trop grands yeux. Yudori insiste sur cette subjectivité de la beauté car en Corée elle-même était jugée avoir des yeux affreux, trop petits, « comme ceux des Chinoises », alors que quand elle s’est retrouvée aux USA, elle était complimentée pour ces mêmes yeux, nous explique-t-elle.

Le dessin est délicat et précis, en noir et blanc. Le découpage et la composition des pages sont travaillés. Tout cela contribue aux élans fantasques du récit, contrecarrés par le pragmatisme pesant de la société néerlandaise dominée par les hommes et l’argent. Une troublante sensualité émane du récit.

Ce Manhwa (BD coréenne) est pleinement convaincant. Et doucement subversif.


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