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S'il suffisait qu'on s'aime - Chronique des années «PMA pour toutes» (Octobre 2022)

couverture de l'album S'il suffisait qu'on s'aime  - Chronique des années «PMA pour toutes»

Éditeur : Steinkis

Scénario : Julie Guillot, Daphné Guillot

Prix : 25.00€

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Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Daphné et Julie Guillot racontent leur cheminement vers la maternité. Leur combat personnel fait écho au débat public des années Hollande puis Macron. Avec légèreté mais aussi gravité, un témoignage puissant sur la PMA et le désir d’enfant chez des couples qui ne peuvent pas juste « essayer ». Passionnant.

Daphné et Julie s’aiment. Toutes deux ne veulent d’abord ni enfant ni mariage. Elles refusent d’être mises dans la petite case étriquée de la Femme, épouse et mère. Mais, alors que la France est en proie à de longs débats sur les droits LGBTQ+, elles comprennent que le mariage est nécessaire pour garantir leurs droits et que leur désir d’enfant n’est pas incompatible avec leurs convictions. Il faut maintenant dépasser la culpabilité, les doutes, les refus, les obstacles légaux, le regard des autres…

Daphné et Julie Guillot racontent l’histoire de leur famille pour humaniser ce qui pour certains n’était qu’un énième débat politique. Derrière les émissions télé et les unes de journaux, des millions de personnes ont été concernées par les débats sur la PMA. S’il suffisait qu’on s’aime met en avant l’universalisme du désir de fonder une famille confronté à des considérations politiques, sociales et « morales ». Les deux autrices recourent à des citations des acteurs médiatisés de l’époque : souvent des déclarations injustes, discriminantes et radicales.

S'il suffisait qu'on s'aime

S'il suffisait qu'on s'aime © Steinkis, 2022

L’album est aussi une bonne piqûre de rappel sur la fragilité de certains droits : certains candidats à la succession de François Hollande, en 2017, projetaient de revenir sur le mariage pour tous ou encore d’interdire l’adoption aux couples homosexuels… Et pas uniquement des candidats aux extrémités du spectre politique.

Au-delà du combat légal et politique, l’album dissèque avec brio les questions que se posent toutes les femmes à propos de la maternité : ne pas vouloir d’enfant mais finalement peut-être que si, ne pas vouloir être réduite au fait d’enfanter mais aussi ne pas culpabiliser de le vouloir, ne pas s’expliquer ni se justifier…

Fort heureusement, Daphné et Julie Guillot apportent aussi de la douceur et de l’humour dans un récit parfois dur et dense.

S'il suffisait qu'on s'aime

S'il suffisait qu'on s'aime © Steinkis, 2022

La grande force de l’album réside dans son découpage varié, esthétique et lisible. De pleines pages sans case, à des cases mises en abîme, en passant par de belles doubles pages, Julie Guillot propose toutes sortes de constructions, parfait réceptacle d’un exposé complet. Le découpage permet d’alterner entre informations chiffrées et scènes du quotidien. Parfois l’avancée du débat public est signifiée par le texte alors qu’en parallèle, et en images, ce sont les avancées personnelles de Daphné et Julie qui ont lieu.

Les illustrations sont fouillées et fourmillent de détails. Le trait assez simple et léger est réhaussé d’ombres et de perspectives très efficaces. Une belle réussite graphique pour un album de près de 290 pages !

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