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Humaine, trop humaine (Novembre 2022)

couverture de l'album Humaine, trop humaine

Éditeur : Dargaud

Scénario : Catherine MeurisseDessin : Catherine Meurisse

Prix : 22.00€

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Méditations métaphilosophiques

Note ZOO 3.5

Scénario

3.5

Dessin

3.5

Humaine, trop humaine est un recueil de gags publiés tous les mois, depuis 2017, dans Philosophie Magazine par Catherine Meurisse. Plus qu’une parodie nietzschéenne, cet album propose une centaine de pages de concepts philosophiques impertinemment croqués et remis au goût du jour. Je pense donc je ris !

De la philo sans prise de tête ? C’est ce que nous propose Catherine Meurisse ! Dans ce recueil à la fois léger et intense, tous les grands philosophes sont ramenés à leur triviale humanité. Leurs grandes idées se transforment en source d’hilarité une fois confrontées à des situations de notre quotidien. Le morceau de cire de Descartes côtoie une épilation brésilienne, Pascal et ses célèbres citations rencontrent du succès sur Twitter et Héraclite se baigne deux fois dans le même fleuve pollué…

L’humour ne compromet pas la profondeur des théories et sert au contraire un dessein didactique. La mise en images de théories parfois vraiment complexes permet de se replonger dans des cours de philo, soigneusement pris en notes lors d’études littéraires ou largement ignorés sur les bancs du lycée. Et pour ce recueil, Catherine Meurisse voit grand. Elle dresse un large panorama, des philosophes les plus célèbres (Beauvoir, Kant) au moins connus (Frege, Cioran).

Humaine, trop humaine

Humaine, trop humaine
©Dargaud, 2022

C’EST LA FAUTE À VOLTAIRE

S’il faut être un minimum intéressé pour apprécier la subtilité de certains gags, les quelques courtes phrases explicatives en bas de page, recontextualisant la thèse et son auteur, donnent des clés d’accès suffisantes pour comprendre et rire. La présence d’un personnage féminin contemporain, qui, s’il n’est pas Catherine Meurisse, est à coup sûr une impertinente amatrice de philo, crée un décalage entre des écrits parfois vieux de plusieurs siècles et des considérations plus modernes.

Le trait caricatural et élancé de l’autrice, dans la tradition du dessin de presse, croque parfaitement la mine renfrognée de Nietzsche, les épaules voutées de Rousseau et les profonds cernes d’Arendt. Ils en deviendraient presque sympathiques tous ces tortionnaires du cortex !

Article publié dans le Mag ZOO N°89 Novembre-Décembre 2022

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