Un fantôme ruisselant hante tous les soirs de Noël la chambre d’amis du manoir d’Harrowby Hall. Après avoir inondé la pièce et menacé la vie de ses occupants, le spectre disparait jusqu’à l’année prochaine. L’héritier du manoir décide de mettre un terme à cette malédiction coûte que coûte… Un récit fantastique aux illustrations magnifiques !
Le manoir d’Harrowby Hall est hanté par un fantôme dégoulinant d’eau. Le spectre apparait chaque soir de Noël. Le temps d’une heure, il noie la chambre d’amis à l’étage. Impossible de l’arrêter. Inutile de barricader la porte ou de dérégler les horloges. Si la chambre est inoccupée, c’est le propriétaire du manoir qui reçoit la fantomatique visite, où qu’il soit. D’héritier en héritier, la malédiction persiste jusqu’à ce que le jeune Oglethorpe prenne la situation en main, quitte à risquer sa vie…
Barbara Yelin, autrice allemande, adapte une nouvelle du dramaturge anglais John Kendrick Bangs datant de 1884. Si le ton et l’ambiance sont caractéristiques de l’ère victorienne, l’autrice modifie la fin du conte pour lui apporter un ultime twist plus moderne. Tous les amateurs de nouvelles fantastiques, d’Edgar Allan Poe ou de Tim Burton seront immédiatement charmés par cette petite histoire fantasmagorique délicieusement cruelle.

Le fantôme de l’eau d’Harrowby Hall
© Les Aventuriers de l'Etrange, 2023
Côté dessin, Barbara Yelin nous transporte dans un univers fantastique aussi glaçant qu’envoûtant. Dans les nuits froides d’Angleterre, ses personnages crayonnés avec aisance évoluent dans des clairs-obscurs tranchés. Tout le livre est en dégradés de gris, aux crayons de papier, au fusain et à l’encre. Des touches de bleus à l’aquarelle crèvent l’obscurité. La beauté des illustrations nous entraine dans un flou onirique propice à l’imaginaire. On sentirait presque de fines gouttes d’eau ruisseler le long de notre échine…
Un très bel album à lire lors des veillées d’hiver, les soirs de Noël ou les nuits d’Halloween.