Une jeune esclave qui a le don de communiquer avec des chevaux peu ordinaires, chargés d’électricité : c’est une aventure de fantasy antique mais aussi un plaidoyer pour une relation homme-animal harmonieuse. Classique et joli.
Les fulgurs sont des chevaux pas vraiment ordinaires : ils sont chargés en électricité et peuvent être très dangereux pour l’être humain. Néanmoins, ils sont l’objet de convoitise car très prisés pour les jeux du cirque à Rome, lors de courses dantesques. Les dresseurs comme les « jockeys » ont un rapport de force avec l’animal pour le soumettre à leur volonté.

Chevaux de foudre © Drakoo
Aurélie Wellenstein, la scénariste de Chevaux de foudre, est dans un premier temps l’autrice du roman éponyme. Aimant passionnément les chevaux, elle cite comme lectures de jeunesse Prince Noir et Flamme, séries de romans de Walter Farley. Elle a commencé le cheval à une époque où un rapport de domination malsain était prégnant dans le milieu hippique. Elle a donc imaginé Thalie, une jeune esclave qui se rebelle contre le système. Elle ressent l’émotion du cheval et sait se faire comprendre de lui. Elle seule peut réussir à monter Ira, un splendide étalon. Si elle ne le fait pas concourir au célèbre Circus Maximus, le cheval sera jugé inutile et tué.
La dessinatrice italienne Beatrice Penco Sechi (autrice du troublant Lady Doll) possède un haras avec des chevaux de course, donc elle était l’artiste rêvée pour traduire en images le monde imaginé par Aurélie Wallenstein. Christophe Arleston, le directeur de collection de Drakoo, a fait le lien entre les deux femmes. Le dessin est nerveux, électrique, mais gracieux également. La couverture donne le tempo de l’ambiance graphique : une jeune femme à l’apparence fragile et au regard intense, Thalie, et un cheval imposant, sombre, chargé d’électricité, Ira.
Prendre l’époque romaine pour un récit de fantasy nous change du Moyen-âge. L’histoire, destinée aux adolescents, reste très classique, sans réelle surprise ; mais elle est agréable à lire, portée par le dessin de Beatrice Penco Sechi qui a un style bien à elle, intéressant, à la confluence de diverses influences.