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Mauvaises Herbes - D'après le témoignage d'une esclave sexuelle durant la guerre du Pacifique

couverture de l'album Mauvaises Herbes  - D'après le témoignage d'une esclave sexuelle durant la guerre du Pacifique

Éditeur : Futuropolis

Auteur : Traducteur : Loïc Gendry

Collection : Albums

Prix : 30.00€

  • ZOO
    note Zoo4.5

    Scénario

    5.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Mauvaises Herbes - D'après le témoignage d'une esclave sexuelle durant la guerre du Pacifique

1943, durant la guerre du Pacifique. La Corée est sous l’occupation du Japon. Sun, une jeune fille de 16 ans, est vendue par ses parents adoptifs comme esclave sexuelle à l’armée japonaise basée en Chine. Après avoir vécu soixante ans loin de son pays, Sun revient sur sa terre natale. Le moment de raconter son histoire bouleversante est venu. Il fallait bien un roman graphique copieux pour donner corps au destin tragique de cette adolescente condamnée à la prostitution, la violence, l’opprobre et l’exil. Le témoignage de Lee Oksun ne se contente pas de rappeler l’esclavage sexuel organisé par l’armée impériale (ce que nient encore les nationalistes japonais), mais montre également les responsabilités de certains Coréens et le rejet social dont ont été victimes les rescapées.


La critique ZOO sur l'album Mauvaises Herbes - D'après le témoignage d'une esclave sexuelle durant la guerre du Pacifique

Futuropolis réédite ce chef-d’œuvre de la bande dessinée mondiale. Initialement paru chez Delcourt en 2018, cet ouvrage est le témoignage de Lee Oksun, une jeune femme coréenne de condition très modeste qui fut exploitée comme esclave sexuelle en Chine pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le livre débute en 1934 dans la région de Busan en Corée du Sud. Lee Oksun est l’aînée d’une famille pauvre de quatre enfants. Elle a très envie d’apprendre à lire et écrire à l’école, mais ses parents n’ont pas les moyens de lui faire faire des études. Elle passe ses journées à s’occuper de ses frères et sœurs et à diverses corvées domestiques, dans un dénuement le plus total. En 1942, ses parents finissent par la vendre à un restaurateur de Busan où elle servira de bonne à tout faire dans des conditions très difficiles. Puis, après quelques temps, elle est cédée à une famille qui gère un bistrot à Ulsan, une ville portuaire de Corée du Sud. Un jour où elle effectue une course pour le compte de ses patrons, elle est enlevée par deux hommes. Elle a seize ans. Elle est intégrée à un groupe de jeunes filles de condition similaire à la sienne. Elles sont déportées vers la Chine en train pour servir d’esclaves sexuelles.

Mauvaises herbes
Mauvaises herbes

Mauvaises herbes © Futuropolis, 2024

Keum Suk Gendry-Kim recueille le témoignage de Lee Oksun, une vieille femme qui est retournée en Corée plus de 50 ans après sa déportation. Elle lui raconte dans le détail sa vie difficile, de son enfance à son retour dans son pays natal. Ce témoignage hors du commun permet aux Occidentaux de découvrir un des aspects de la guerre du Pacifique qu’ils connaissent peu. L’autrice décrit cette vie avec une extrême sensibilité, et les scènes les plus violentes ne sont pas représentées, mais seulement évoquées. Cette narration intelligente marque le lecteur, car son imagination prend le relai de l’image. Cet ouvrage rappelle Maus, le témoignage d’Art Spiegelman sur les camps de concentration. Le sujet et le traitement n’en sont pas très éloignés.

Bien que l'autrice soit mariée à un Français et ait résidé quelques années à Strasbourg, ce témoignage n'a pas encore rencontré la résonance et le succès en France qu'il a connus dans d'autres régions du globe. Espérons qu'à l'occasion de cette réédition, cette reconnaissance finisse par arriver. Ce serait vraiment mérité. Cette histoire singulière, racontée de manière subtile et intelligente, ne peut laisser personne indifférent.

À lire absolument.

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