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Terrible - L'enfant, la jeune fille et la sorcière

couverture de l'album Terrible - L'enfant, la jeune fille et la sorcière

Éditeur : Dupuis

Dessin : Gaël HenryAuteur :

Genres : Fantastique

Prix : 25.00€

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    5.0

    Dessin

    5.0
  • note lecteurs4.0
    1 note pour 1 critique

Le synopsis de l'album Terrible - L'enfant, la jeune fille et la sorcière

Lors d'une sortie estivale en forêt, Ana et son frère Noé se perdent dans une grotte et y découvrent un monde étrange et fantastique. Très vite, Noé disparaît et Ana se lance à sa recherche. Yaga la sorcière, Vassilissa la naïve, Loup gris et Poupée, ces figures emblématiques du folklore russe, vont l'accompagner dans sa quête. Ana apprendra à ses dépens où peut conduire la cruauté... Un conte riche de sens et d'interprétations qui explore les métamorphoses de l'adolescence, la perte de l'innocence. Une relecture sociétale du mythe de la sorcière porté par un humour noir dans un univers coloré !


Cherche Noé désespérément

Dans les pas de sa jeune héroïne, Gaël Henry nous entraîne dans un univers de contes loin des archétypes habituels, des beaux princes sans peur, des petits oiseaux qui virevoltent dans tous les sens. À la recherche de son frère perdu, Ana doit d’abord se découvrir…

Ana n’a peut-être envie que d’une balade prétexte avec son petit frère Noé pour se retrouver auprès de son petit copain, qu’il la tienne dans ses bras et rien d’autre. Alors elle ne fait pas attention, le petit garçon s’éloigne, passe la limite de la barrière et entre dans cette étrange grotte qu’il ne faut jamais pénétrer. Il disparait. Ana se précipite, crie, appelle, son portable à la main, elle ne regarde pas vraiment où elle pose les pieds et finit par glisser pour surgir au cœur d’une forêt, groggy, nez à nez face à une sorte de spectre qui s’enfuie en la voyant.

Ça n’est pas vraiment le pays des merveilles, mais va falloir faire avec

Si Ana pense sur le coup que c’est une mauvaise blague, qu’il va simplement consister à trouver Noé et s’en retourner comme si de rien n’était, elle comprend très vite que ça ne va pas être aussi facile, que ce pays a ses propres règles et qu’il va lui falloir s’adapter sans trop traîner. Quand elle rencontre Vassilissa-la-très-belle, une princesse naïve qui cherche la sorcière Baba Yaga, déjà, elle y voit le signe que ce pays « merveilleux » ne ressemble en rien à ces contes qu’on lui lisait enfant, qu’il n’est en effet pas si drôle et doux, que les princesses ne s’intéressent plus aux crapauds qui peuvent se transformer en beaux princes, que les sorcières sont vraiment cruelles et pas assez stupides pour facilement se faire battre, que le grand méchant loup est gentil et timide, que les petites filles qui veulent retrouver leur chat sont en fait des sales pestes et peut-être qu’en fin de compte, il se pourrait même que les princes aiment lorgner sur les copines des princesses…
En cherchant son petit frère, la jeune Ana fait brutalement l’expérience d’une plongée dans la désillusion qui va l’amener petit à petit à se révéler à elle-même…
Car plus que tout, plus que ces multiples épreuves qui l’attendent au tournant du moindre arbre, ce qui est mis à rude épreuve c’est sa capacité à relever les manches pour ne pas se faire engloutir dans cet environnement hostile.

Ana doit surtout s’affirmer et relever le menton.

Terrible

Terrible © Dupuis

Il n’est plus seulement une fois, mais deux, mais trois…

À travers ces histoires qui se mélangent devant nous, intrigue dans l’intrigue, Gaël Henry revisite savoureusement tous les codes propres aux contes, proposant une version en décalage avec ce qu’on a pu lire auparavant. C’est une femme qui prend le rôle central sans se laisser faire, une héroïne qui n’en est pas vraiment une, mais qui le devient au fur et à mesure des épreuves, de cette réalité qui la pousse à s’adapter, à devenir peut-être même quelqu’un d’autre. Ana déjoue adroitement tout ce qui se dresse devant elle, découvrant, à la dure, que tous les repères qu’elle connaissait jusque-là ont progressivement disparu… qu’il n’y a définitivement pas de formule miracle pour que tout redevienne comme avant…

Ana n’est finalement plus une enfant.

L’écriture est très enlevée, très rafraîchissante, parfois drôle, très violente ou simplement dramatique. Gaël Henry dose très habilement le rythme de son intrigue, tout en amenant assez intelligemment des questions sur le sous-texte, sur notre propre rapport aux contes et aux symboliques qui peuvent parfois les régir.

Graphiquement, c’est plus maladroit dans la forme, on peut être un peu déstabilisé au début, mais très vite on tombe sous le charme de ces ambiances, de cette dynamique qui tient le récit. Du beau travail.

Un album qui mériterait une seconde lecture.

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Commentaire et critiques (1)

note de la critique de spitfire89

4.0


Un album qui revisite des mythes et légendes du folklore Russe, un récit en apparence initiatique riche de sens et d'interprétations qui explore les métamorphoses de l'adolescence, la perte de l'innocence.
À travers ce conte original et ses graphismes rond et sa colorisation tendre vous serez surpris, humour noir, un petit peu de trash et d’atrocité, des psychopathes, Ana apprendra à ses dépens où peut conduire la cruauté malgré sa force et sa détermination.

Cannibalisme, Sexe, Viol, Violence, Mort, Traumatisme, Famille.
Trigger Warning pour un publique avertie par la cruauté ou crudité de cette album, l’exploration des métamorphoses de l’adolescence vraiment épique, il ne faut nullement se fier aux apparences, un univers dérangé mais aussi parfois dérangeant et malaisant. Le rythme est fluide, de

Le 23/06/2024 à 17h18