Un petit port des côtes galloises est le théâtre d'une série de morts aussi violentes que mystérieuses. Alors que les policiers cherchent un coupable et que les braves gens effrayés se regardent en coin, un jeune homme, amateur de littérature fantastique, arrivé depuis peu au village, promène dans les rues et les champs alentour un regard curieux. Il fait progressivement la connaissance d'une étrange gamine qui joue à la poupée en fredonnant des chansons macabres. Le tout sous l’œil sombre et perçant d'un grand corbeau.

Deryn Du

Éditeur : Dupuis
Scénario : Guillaume SorelDessin : Guillaume SorelAuteur : Guillaume SorelColoriste : Guillaume Sorel
Collection : Aire Libre
Prix : 35.00€
- ZOO
3.5
Scénario
3.0
Dessin
5.0

4.0
1 note pour 1 critique
Le synopsis de l'album Deryn Du
La critique ZOO sur l'album Deryn Du
Dans cette histoire dont le but est de faire peur, Sorel met en valeur sa maestria graphique. Avec son trait si caractéristique, ce véritable créateur d’univers propose des éclairages subtilement travaillés, au service d’un scénario assez classique.
C’est un petit village portuaire du Pays de Galles, blotti au pied d’une falaise dont les habitants ont une vie simple. Jusqu’à ce que des meurtres abominables, incompréhensibles, soient perpétrés. Un couple mort dans sa chambre peut-il vraiment avoir succombé piétiné par des chevaux ? Les policiers du cru sont cartésiens, mais l’imagination de certains villageois galope. L’auteur de ces crimes est-il de ce monde ? Comme il l’explique en fin d’ouvrage, Guillaume Sorel a fait cet album pour montrer dans quelle mesure une BD peut faire peur. A ces fins, il déploie tout un arsenal graphique.

Une BD à la fois horrifique et fantastique signée Guillaume Sorel
© Dupuis, 2025
Sorel est connu pour son amour des univers lovecraftiens. Ici, il va puiser son inspiration en amont de l’œuvre de Lovecraft, dans les romans d’Arthur Mechen. La nature donne à l’atmosphère un accent aux frontières du surnaturel. Comme dans certains films d’horreur, une petite fille tient un rôle clé. Avec son visage malgré tout presque adulte, est-elle victime ou bourreau ? Le lecteur est rapidement fixé. Avec en prime des poupées dont l’œil tombe de l’orbite, on pense à Chucky la poupée de sang ou autre film du genre.
Le style de Sorel est unique. Et sa maitrise de la lumière est totale. Sa science de l’aquarelle lui permet de magnifier sous les rayons du soleil le village, cadre de l’enquête. Ou plutôt de la double enquête : celle faite par le constable aux favoris roux, un pragmatique à toute épreuve ; et celle faite par un jeune homme de la ville, plus ouvert au surnaturel. Un peu comme le duo de X Files.
La nuit abrite les meurtres ainsi que des séquences cauchemardesques fantasmagoriques. La palette se fait alors sombre, la construction des planches éclatée, pour ne pas dire torturée. Le scénario, lui, est en revanche assez balisé. Mais le traitement de l’artiste lui donne une saveur particulière.
Un corbeau magnifiquement dessiné, plein de vie, accompagne le récit. A propos, Deryn Du signifie « oiseau noir ».
Haut de pageCommentaires et critiques (2)
3.5
Du graphisme somptueux, comme toujours. Il faut se laisser séduire et guider par cette ambiance.
Le 30/12/2025 à 23h59
4.0
Guillaume Sorel nous emmène dans des contrées inquiétantes dans une bourgade typique des bords de mer gallois, village pittoresque qui vit au rythme de meurtres aussi étranges qu'inexplicables. le mystère grandit avec un placide d'enquêteur pour un thriller teinté d'horreur et de mysticisme. Un whodunnit macabre où Guillaume Sorel veut nous faire trembler et où une inquiétante impression nous gagne en lisant cette histoire.
Le 18/12/2025 à 16h34

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