Ninon vit avec ses parents dans un pavillon en région parisienne. Avec Eva, son amie de toujours, elles sont à l'âge où on fait le mur pour aller en soirée et où la réputation des filles se joue à action ou vérité. Sa grande soeur, Judith, a déjà quitté le nid familial. Le jour, elle supporte tant bien que mal son travail de vendeuse dans un magasin bio. Le soir, elle tente d'échapper à sa voisine dépressive et à ses angoisses en se défonçant avec son petit ami Charlie, rappeur de pacotille.
Cora, la mère des deux soeurs, essaie, quant à elle, de rallumer la flamme avec Arthur, leur père, tandis que lui s'accroche aux souvenirs de sa jeunesse rock'n'roll. Dans ce récit choral, l'autrice de Roxane vend ses culottes saisit à un tournant de leur vie une galerie de personnages en quête d'amour et de reconnaissance. Toujours au bord du précipice, qu'ils soient possédés par un ver solitaire ou hantés par une boobpic, trahis par des huîtres douteuses ou...

Tachycardie

Éditeur : Tanibis
Auteur : Maybelline Skvortzoff
Prix : 26.00€
- ZOO
4.0
Scénario
4.0
Dessin
4.0

- Lecteurs0 critique
Le synopsis de l'album Tachycardie
La critique ZOO sur l'album Tachycardie
Dans son deuxième roman graphique, Maybelline Skvortzoff décortique les affres d’une famille au bord de la crise de nerf. Cora tente désespérément de raviver la flamme avec son mari Arthur. Leur fille aînée, Judith, a quitté le foyer familial et partage les dérives de son petit ami toxicomane. La cadette, Ninon, âgée de douze ans, traverse quant à elle les premiers troubles de l’adolescence aux côtés de sa meilleure amie Eva.
L’autrice, Maybelline Skvortzoff, parvient à développer de front plusieurs personnages. Elle expose une réalité crue et sans concession qui va heurter plus d‘une fois la sensibilité du lecteur au point qu’on ne sache plus qui frôle la tachycardie annoncée. Elle montre sans juger, nous laissant ce rôle inconfortable. Les personnages féminins génèrent de loin le plus d‘empathie et en particulier Cora et Eva, en recherche constante de tendresse. Cette dernière, surtout, s’aventure sur un terrain dangereux, poussée par son besoin d’affection. Ses choix sont le fruit d’une pression sociale très forte pour tenter de plaire à des camarades toxiques. Le malaise qui en découle n’est que plus palpable.

Premier extrait de la bande dessinée Tachycardie, par Maybelline Skvortzoff © Tanibis & Madeline Skvortzoff, 2026
Pas de bulles de pensées, car on imagine bien que ça cogite beaucoup trop dans la tête de certains pour pouvoir traduire tout ceci en phylactères. Les sentiments passent par la représentation graphique des visages. Avec une économie de moyens, la dessinatrice rend ses personnages très expressifs en accentuant les distorsions des yeux et des bouches. Sous ses aspects faussement underground, le livre se révèle plus accessible qu’il n’y paraît au premier abord.
Extrait de planche de Tachycardie, par Maybelline Skvortzoff © Tanibis & Maybelline Skvortzoff, 2026
Les cases ne sont jamais surchargées. Les décors sont réalistes et respectent les perspectives arborant motifs et hachures.

Extrait de Tachycardie, par Maybelline Skvortzoff © Tanibis & Maybelline Skvortzoff, 2026
Techniquement, les compositions sont très maitrisées, à l’image de cette planche où une main gravite autour du regard médusé de Cora, sans la toucher, durant un rapport intime. On s’attarde d’ailleurs beaucoup sur les mains, souvent isolées dans des cases indépendantes traduisant une certaine fétichisation des corps. Après Roxane vend ses culottes, Maybelline Skvortzoff continue donc d‘interroger la sexualité et les rapports humains avec une acuité toujours surprenante.

Extrait de l'album Tachycardie, par Maybelline Skvortzoff © Tanibis & Maybelline Skvortzoff, 2026
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