Une cité construite en 1931, La Muette, à Drancy va être la dernière étape pour des milliers de Juifs étrangers d’abord, français ensuite, recensés par Vichy depuis septembre 1940. 67 000 au total avant les camps de la mort. Et ceux qui vont faire le sale boulot dès le 20 août 1941 avec 4230 hommes internés ce seront les Français eux-mêmes, policiers, gendarmes, magistrats, gardiens sur ordre des Allemands mais avec zèle. Valérie Villieu et Simon Géliot sont les auteurs de La Muette et racontent le destin de ces sacrifiés de toutes origines sociales.

Illustration tirée de l'album La Muette — Drancy, un camp aux portes de Paris : récit graphique du camp de la Muette, point de départ des déportations vers les camps de la mort — visuel de l’album documenté de Valérie Villieu et Simon Géliot retrançant une page sombre de l’histoire française. © La Boite à Bulles, 2025
Dans des bus direction La Muette, Béno en fait partie et retrouve son ami Nissim et Nathan. Les matraques sont celles des Français. Va se mettre en place un système pour survivre au mieux. Des petits chefs parmi les prisonniers apparaissent, ajoutent à l’angoisse. Démoraliser, mépriser, avilir, humilier et la mort au bout de la route.
L’organisation du camp est parfaitement décrite. Les SS sont là aussi. Suicides, la faim, le désespoir, La Muette durera jusqu’à la Libération en 1944. Le camp se vide au rythme des convois pour l’Allemagne. La solidarité sauvera des vies et on fêtera quand même Kippour. La Croix Rouge tentera l’impossible. On est pris au cœur et aux tripes par l’horreur. On trie et on fusille les communistes. Beno résiste et finit par être volontaire pour travailler en Allemagne. Le piège. Dannecker un SS fait régner la terreur.

Extrait de la bande dessinée La Muette - Drancy, un camp aux portes de Paris, scènes poignantes de la vie quotidienne dans le camp d’internement de Drancy, par Valérie Villieu et Simon Géliot © La Boite à Bulles, 2025
27 mars 42 le premier convoi part pour Auschwitz. Etoile jaune, des femmes arrivent et sont aussi déportées. Rafle du Vel d’Hiv, merci encore la France. Les enfants 4000 en août 1942, des familles entières. Rien n’avait encore été fait, au moins en BD, sur La Muette. Insoutenable et plus que nécessaire. L’Histoire a la mémoire courte et les Français bourreaux ne seront pas vraiment inquiétés en 1945. Union nationale et personnel qualifié nécessaire. Et un merci aux auteurs pour avoir rétabli une vérité totale sans concession.
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