Publié initialement en 1999 et réédité en 2026 dans une version cartonnée enrichie, Varlot Soldat est un récit scénarisé par Didier Daeninckx et dessiné par Jacques Tardi. L’album constitue un prolongement direct du roman graphique Le Der des Ders et revient sur un épisode marquant de la jeunesse d’Eugène Varlot durant la Première Guerre mondiale.
Publié initialement en 1999 et réédité en 2026 dans une version cartonnée enrichie, Varlot Soldat est un récit scénarisé par Didier Daeninckx et dessiné par Jacques Tardi © L'Association, 2026
Après le suicide d’un camarade de tranchée, Varlot est chargé de remettre une lettre à la fiancée du défunt. Cette mission l’amène à quitter temporairement le front et à traverser une France profondément marquée par le conflit. Au fil de son parcours, il découvre les blessures physiques et morales laissées par la guerre, aussi bien chez les soldats que chez les civils. Plus qu’un récit d’aventure, le livre propose une plongée dans le quotidien d’une génération sacrifiée.

L’album constitue un prolongement direct du roman graphique Le Der des Ders et revient sur un épisode marquant de la jeunesse d’Eugène Varlot durant la Première Guerre mondiale © L'Association, 2026
Didier Daeninckx construit un récit efficace qui dénonce avec force l’absurdité de la guerre et l’indifférence de la hiérarchie militaire face au sort des combattants. La brièveté de l’album contribue à son intensité et permet d’aller directement à l’essentiel.

Après le suicide d’un camarade de tranchée, Varlot est chargé de remettre une lettre à la fiancée du défunt. Cette mission l’amène à quitter temporairement le front et à traverser une France profondément marquée par le conflit © L'Association, 2026
Toutefois, cette volonté de dénonciation peut parfois donner au récit un caractère un peu démonstratif. Certaines situations semblent davantage illustrer un discours antimilitariste qu’explorer la complexité des personnages. Le propos reste néanmoins cohérent et sincère, porté par une véritable attention aux victimes anonymes de l’Histoire.

Didier Daeninckx construit un récit efficace qui dénonce avec force l’absurdité de la guerre et l’indifférence de la hiérarchie militaire face au sort des combattants © L'Association, 2026
Le principal atout de l’album réside dans le dessin de Tardi. Son style particulier, le noir et blanc dense, restitue parfaitement la dureté du conflit. Les paysages dévastés, les corps meurtris et les visages fatigués créent une atmosphère pesante qui accompagne idéalement le récit. Comme souvent chez lui, quelques traits suffisent à exprimer la souffrance ou la lassitude des personnages.

Les paysages dévastés, les corps meurtris et les visages fatigués créent une atmosphère pesante qui accompagne idéalement le récit © L'Association, 2026
On peut cependant noter que ce travail graphique s’inscrit dans la continuité de ses précédents albums consacrés à la Grande Guerre. Les lecteurs familiers de son œuvre ne seront pas surpris par cette esthétique désormais bien installée. Mais si le dessin n’innove pas, il conserve une force évocatrice remarquable.

Le principal atout de l’album réside dans le dessin de Tardi. Son style particulier, le noir et blanc dense, restitue parfaitement la dureté du conflit © L'Association, 2026
Sans constituer l’œuvre la plus marquante de Tardi sur la Première Guerre mondiale, Varlot Soldat reste un album émouvant et convaincant. Si le scénario aurait gagné à développer davantage certaines situations et certains personnages, il trouve sa pleine force dans le dessin de Tardi. Par la précision de son trait et la puissance de son noir et blanc, l’auteur livre une nouvelle fois une représentation saisissante de la guerre, confirmant sa place parmi les plus grands témoins de la mémoire de 1914-1918 en bande dessinée.

Par la précision de son trait et la puissance de son noir et blanc, l’auteur livre une nouvelle fois une représentation saisissante de la guerre, confirmant sa place parmi les plus grands témoins de la mémoire de 1914-1918 en bande dessinée © L'Association, 2026