Dans le village reculé d’El Idilio, aux confins de l’Amazonie équatorienne, la mort violente d’un homme blanc ravive les tensions entre colons et Indiens Shuars, injustement accusés du meurtre. Seul Antonio José Bolívar, vieil homme taciturne qui connaît la forêt mieux que personne, pressent une autre vérité. Déroulant le fil de ses souvenirs, il se remémore son arrivée sur cette terre hostile et l’amour perdu de son épouse, dont la disparition a laissé en lui une blessure ouverte. Tour à tour accueilli puis rejeté par les Shuars, il a trouvé refuge dans la lecture de romans d’amour, fragiles remparts contre la solitude et la folie. Mais aujourd’hui, le destin va l’obliger à sortir de sa réserve et à reprendre le chemin de la forêt...

Le vieux qui lisait des romans d'amour

Éditeur : Caurette
Auteur : CeverAuteur adapté : Luis Sepulveda
Prix : 18.95€
- ZOO
4.5
Scénario
5.0
Dessin
4.0

- Lecteurs0 critique
Le synopsis de l'album Le vieux qui lisait des romans d'amour
La critique ZOO sur l'album Le vieux qui lisait des romans d'amour
Une très belle adaptation qui confirme le talent de Cever pour transposer en images la puissance évocatrice de Luis Sepúlveda, servie par un noir et blanc élégant et une narration particulièrement maîtrisée.
En 1985, Antonio José Bolívar Proaño, un vieil homme installé à El Idilio, un modeste village, au cœur de l’Amazonie équatorienne, attend avec impatience la visite de Rubicondo Loachamín. Ce dentiste itinérant ne passe que deux fois par an, mais chacune de ses venues est un événement : outre les soins qu’il prodigue, il apporte à Antonio de nouveaux romans d’amour, sa passion dévorante.
Originaire des Andes et issu d’un milieu modeste, Antonio est arrivé dans la forêt amazonienne jeune avec son épouse, à la suite d’une promesse gouvernementale de distribution de terres. Ils rêvaient de posséder un lopin de terre et vivre de leur travail, mais la réalité de la forêt vierge s’avère bien plus rude qu’ils ne l’imaginaient. Défricher la jungle, abattre les arbres et tenter de cultiver un sol hostile demandent des efforts considérables, et les conditions de vie se révèlent particulièrement éprouvantes.
Leur existence change lorsqu’ils rencontrent une communauté indigène vivant en parfaite harmonie avec son environnement. Accueillis avec bienveillance, ils apprennent à mieux connaître la forêt, à chasser et à s’adapter à ce milieu exigeant. Cependant, ce nouvel équilibre est brutalement brisé lorsque l’épouse d’Antonio succombe à la malaria. Anéanti par le chagrin, le jeune homme choisit alors de rejoindre définitivement la tribu. Durant quinze ans, il partage son quotidien, assimile ses savoirs et développe une relation intime avec la nature environnante.
Cette adaptation remarquablement fidèle du premier roman de Luis Sepúlveda est construite en chapitres, séparés par des séquences de jungle qui évoluent au fil du récit et rythment la progression narrative. Dense sans jamais être pesante, l’histoire bénéficie d’un travail d’adaptation particulièrement soigné.
Réalisé en noir et blanc, l’album se distingue également par une mise en scène particulièrement maîtrisée. Si l’auteur s’appuie souvent sur un découpage classique en six cases réparties sur trois bandes, il n’hésite pas à faire varier la composition en fonction des besoins du récit. Certaines illustrations s’étendent sur une double page, tandis que d’autres occupent l’arrière-plan de la planche, laissant quelques vignettes guider l’action. Cette approche dynamique témoigne d’une réflexion approfondie sur le rythme et la lecture. Le dessin réaliste de Cever s’accorde parfaitement à l’atmosphère du récit : les décors détaillés et les paysages luxuriants participent pleinement à l’immersion dans cette Amazonie à la fois fascinante et redoutable.
Scientifique de formation, Cever a longtemps mené sa carrière loin du monde de l’édition malgré un intérêt constant pour le dessin et la bande dessinée. En 2018, la lecture de L’Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler agit comme un véritable déclic. Séduit par l’univers de Luis Sepúlveda, il décide d’en proposer une adaptation graphique. Ce premier essai, publié chez Caurette en 2021, rencontre suffisamment de succès pour l’encourager à poursuivre l’aventure. Avec cette nouvelle transposition d’un texte de l’écrivain chilien, l’artiste confirme son attachement à cette œuvre littéraire. Le résultat est à la hauteur de l’investissement consenti : plus de trois années de travail ont été nécessaires à ce jeune retraité pour mener à bien ce projet ambitieux et entamer une véritable seconde carrière.
Une lecture accessible à tous, qui parvient avec talent à traduire en images la richesse et la poésie de l’écriture de Luis Sepúlveda.
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