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Blake et Mortimer - T11 : Dernier Pharaon (Le)

couverture de l'album Dernier Pharaon (Le)

Série : Blake et MortimerTome : 11/25Éditeur : Dargaud

Scénario : Thomas Gunzig, François Schuiten, Jaco Van DormaelDessin : François SchuitenColoriste : Laurent Durieux

Genres : Aventure, Documentaire BD

Public : Tout public

Prix : 17.95€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

4.0

Dessin

5.0

L’annonce avait fait grand bruit à l’époque : François Schuiten envisageait de se lancer sur un Blake et Mortimer. Un projet incompatible avec l’univers de l’auteur des Cités obscures ? Sûrement pas !

Déjà en 1998, Didier Convard et André Juillard avaient imaginé les deux héros sur leurs vieux jours pour leur toute dernière aventure. Celle-ci, sous forme d’échanges épistolaires, les ramenait à nouveau au Mystère de la Grande Pyramide.

Ce « dernier chapitre » a probablement dû inspirer Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig pour imaginer leur scénario. L’histoire se déroule à Bruxelles, autour du palais de la justice d’où émanent subitement de biens étranges radiations. Pressé par Blake pour approcher ce curieux phénomène, Mortimer quitte sa retraite et se rend sur place. Avec Henri, le gardien du lieu pour guide, ils vont explorer ensemble le palais pour essayer de résoudre ce nouveau mystère.

Une nouvelle cité obscure

Extrait de Blake et Mortimer par François Schuiten

Extrait de Blake et Mortimer
par François Schuiten

Si vous avez cru que François Schuiten signerait, comme tant d’autres auparavant, une pure imitation du style E. P. Jacobs, vous avez tout faux ! L’intrigue de ce récit pourrait tout autant se dérouler à Brüsel, dans la cité de Samaris ou encore à Urbicande. La cage de Faraday qui enserre le palais rappelle bien évidemment le cube auquel est confronté l’urbatecte Eugen Robick dans La Fièvre d’Urbicande. Il se permet même de nous adresser un petit clin d’oeil en faisant intervenir, de manière décisive au cours du récit, la locomotive vedette de son album en solo, La douce.

En admirant les planches exposées durant tout le mois de juin, à Amiens, le lecteur prendra sans doute plaisir à trouver d’autres liens reliant cette histoire à celles des différentes cités, et même au cycle des Terres creuses où prévaut aussi le net penchant pour l’architecture de François Schuiten. Car, comme dans toute l’oeuvre construite avec la complicité de son ami Benoît Peeters ou avec son frère Luc, il y a des passages et des portes qui permettent d’accéder à des univers insoupçonnés. Voilà donc Philip Mortimer, assailli par des cauchemars plus vrais que nature, tentant d’atteindre le palais de justice au coeur d’une zone interdite à la Tchernobyl où survit et s’organise toute une population hétéroclite.

L’histoire n’est pas datée et l’âge avancé des personnages étant ce qu’il est, on devine qu’elle se déroule quasiment à notre époque bien que le matériel informatique qui équipe les bureaux ou la Bourse de Londres date déjà un peu.

Un duo qui connaît ses classiques

Si Schuiten fait donc du Schuiten, Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig cherchent tout de même à renouer avec l’esprit « jacobsien », que vous pourrez retrouver au Musée des Arts et Métiers de Paris dans la rétrospective Scientifiction à partir du 26 juin. Ils renouent avec les ambiances qui ont tant contribué à la gloire d’une série qui perdure bien au-delà du vivant de son initiateur et père. On leur sera reconnaissants d’avoir laissé Olrik, leur éternel adversaire au placard ! Si les dialogues sont bien fournis, les auteurs ont cependant veillé à ne pas trop abuser des longs récitatifs si chers à Jacobs et ses précédents continuateurs. Ce qui permet à Schuiten de toujours mettre en valeur ses décors de manière optimale.

L’atmosphère de ce Dernier pharaon rappelle un peu celle de SOS météores, mais on pense aussi au tout premier épisode des aventures de Valérian et Laureline, La cité des eaux mouvantes. Et même à James Bond avec cette course contre la montre engagée par nos deux héros pour désamorcer une catastrophe nucléaire imminente. À l’instar de la plupart des superproductions américaines au cinéma, on pourra peut-être reprocher aux auteurs une certaine surenchère dans le catastrophisme. À chacun d’apprécier.

Article publié dans le magazine Zoo n°71 Mai - Juin 2019, disponible dès aujourd'hui !

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