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Docteur Radar - T3 : Morts à Venise (Septembre 2021)

couverture de l'album Morts à Venise

Série : Docteur RadarTome : 3/3Éditeur : Glénat BD

Scénario : Frédéric Bézian, Noël SimsoloDessin : Frédéric Bézian

Collection : Hors Collection

Genres : Polar / Thriller

Prix : 19.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Le Docteur Radar revient pour un troisième opus sur fond d’une Italie bientôt fascisante, avec un titre follement cinématographique.

Radar est de retour, et il n’a jamais été aussi prêt d’atteindre son but. Il ne lui manque plus que l’invention de Bene pour terminer sa fusée et permettre ainsi à son projet d’aller sur la Lune pour bombarder la Terre. Faute de pouvoir se faire craindre par le scientifique italien, le criminel dément fait régner la terreur à Venise jusqu’à ce qu’on lui remette la formule désirée.


DOCTEUR RADAR SI JE NE « MABUSE»?

Malgré son titre évocateur, aucune ressemblance entre le film de Visconti et ce troisième chapitre des méfaits du Docteur Radar qu’on verrait plutôt sorti de l’univers de Fritz Lang. Comment ne pas retrouver les influences du cinéma expressionniste allemand des années 20 dans l’architecture à la géométrie alambiquée des décors des deux premiers albums? Bézian et son scénariste, Noël Simsolo, par ailleurs auteur d’anthologies du cinéma d’avant-guerre, s’amusent à jouer avec les codes du fantastique du siècle dernier : un détective rentier, symbole de la bonne société bourgeoise, poursuit un scientifique cruel et sans scrupules, chef d’un réseau criminel, usant et abusant des postiches afin de tromper ses victimes et la police. Un autre Docteur Mabuse, quoi... il a même, lui aussi, des talents d’hypnotiseur!


L'action de ce troisième tome prend place dans la capitale italienne

L'action de ce troisième tome prend place dans la capitale italienne
© Glénat, éditions 2021



LES FOLLES ANNÉES

Les auteurs semblent cependant vouloir changer de paradigme dans ce tome. Terminé, le romantisme subjectif dans lequel Radar recrute ses complices parmi les artistes de cirque ou emploie un orang-outan comme bourreau. Les décors «extérieurs» sont réalistes, les intérieurs glorifient la science moderne et la conquête de l’espace. Même le rythme est changé, plus soutenu avec ses trois bandes par page, répétant le plus souvent le format gaufrier. Presque une rupture. Comme si Bézian, à travers ces trois albums, nous montrait la brutale évolution d’un monde, celui du muet au parlant, de la vieille Europe à peine sortie d’un conflit mondial et s’apprêtant à se jeter dans les bras des régimes totalitaires, scientifiquement organisés, prêts à écraser les peuples. Docteur Radar n’est pas une suite d’albums, c’est un tout reconstituant les fantasmes créatifs d’une époque oubliée.
Et pourtant c’était il y a juste cent ans.


Article publié dans le Mag ZOO N°83 Septembre-Octobre 2021

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