Aimé Clouzeau est un jeune inspecteur à la Criminelle de Paris, au Quai des Orfèvres. Il en a ras le bol du cadavre et se fait muter à la Mondaine. Clouzeau commence une carrière qui va lui montrer que côté vice, il a tout à apprendre. Zidrou signe une balade picaresque et délurée dans les bouges de Paname.
Aimé Clouzeau s’abrite dans une cave en 1944. Les bombes anglaises tombent sur Paris. Il a tout le temps de s’offrir un flash-back sur sa carrière. Ses débuts à la Mondaine, sept ans plus tôt, il les a faits sous la houlette de l’inspecteur principal Séverin, Maigret moustachu obsédé de la petite reine. Clouzeau est, lui, un mélange judicieux de Jérôme K. Jérôme et du propriétaire des 101 dalmatiens, pipe comprise.
C’est un doux rêveur, le Clouzeau. Il voulait, enfant, être chef indien. Sa vocation a été contrariée, comme celle de son père, curé défroqué devenu cinglé. Sa mère a été obligée d’immigrer, gamin sous le bras, à la capitale avec sa vieille nourrice. On comprend qu’Aimé ait du retard à l’allumage. Mais il va se rattraper et même avoir des tentations coupables pour une belle amatrice de plaisirs animaliers interdits.
On l’aime de suite l’inspecteur Aimé Clouzeau. Zidrou en a fait un gentil naïf qui va se durcir au feu. Ce héros n’a vraisemblablement pas été baptisé par hasard. On ne peut que penser à un autre Clouzot, Henri-Georges, réalisateur de films noirs superbes.
L’ambiance est très proche d’un Clouzeau à l’autre. On retrouve dans l’album les seconds rôles, les tronches et les décors que Jordi Lafebre peaufine d’un trait expressif, recherché et réaliste. Il ne néglige pas non plus un soupçon de caricature style cartoon, pour accentuer les caractères.
On a du cousu main avec cette Mondaine, de bons dialogues, une intrigue intéressante, bien menée et un dessin qui permet d’envisager une belle carrière pour Lafebre.
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