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Slava - T1 : Après la chute (Août 2022)

couverture de l'album Après la chute

Série : SlavaTome : 1/1Éditeur : Dargaud

Scénario : Pierre-Henry GomontDessin : Pierre-Henry Gomont

Genres : Historique

Prix : 20.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Gomont plante le décor d’une Russie des années 90 où tout est à vendre, pour nous raconter d’un ton léger avec des personnages truculents comment le pays a basculé de la dictature soviétique à une dictature d’oligarques. Savoureux.

Pendant les années Eltsine, la Russie a voulu rattraper le temps perdu sous la chape de plomb communiste en se lançant dans un capitalisme sauvage effréné. Capitalisme est sans doute un grand mot pour désigner ce qui était plutôt de l’ordre de la magouille à petite ou grande échelle. Tout était à vendre et des petits malins en ont profité pour s’enrichir.

Pierre-Henry Gomont n’a pas attendu les velléités expansionnistes de Poutine pour s’intéresser à la Russie contemporaine. Ses séjours dans ce vaste pays et ses lectures lui ont permis de mûrir Slava, triptyque dont le premier tome s’offre à nous sur une centaine de pages à dévorer.

L’auteur de Pereira prétend et de Malaterre nous propose un voyage sans concession dans la Russie des années 90, en suivant les traces de Slava Segalov, le narrateur, et de Dimitri Lavrine. Le premier est un artiste qui s’est retrouvé sans ressources après l’effondrement du système communiste. Pour s’en sortir, il seconde Lavrine, homme cynique pour qui tout est à vendre. Les deux pieds nickelés russes se sont spécialisés dans le pillage de luxueux bâtiments de l’ère soviétique.

Slava T.1 - Après la chute

Slava T.1 - Après la chute
© Dargaud, 2022

S’appuyant sur un graphisme alerte, faussement jeté et très esthétique, Gomont nous entraîne dans un univers interlope dans lequel on rencontre toutefois des personnages positifs, tels la belle Nina, habile au fusil, ou son père Volodia, colosse pas frileux, au réel potentiel comique. Ces deux derniers veulent sauver leur mine et son imposant matériel du dépeçage qui l’attend entre les mains avides d’un oligarque. Ils vont tenter de lui couper l’herbe sous les pieds avec l’aide de Lavrine et Segalov. Comme le dit, fataliste, Volodia : « Le trafic coule dans nos veines aussi sûrement que la vodka. »

L’écriture est sûre, enlevée, les dialogues font mouche. L’auteur a choisi un ton léger pour nous faire comprendre comment la Russie en est arrivée là, et c’est une réussite.

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